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Toilettage excessif ou manque d'espace: les animaux ne sont souvent pas traités de manière conforme dans les foires en Suisse (archives).

Protection suisse des animaux

(sda-ats)

Trop peu de traites, mise bas imminente ou toilettage excessif: les vaches sont loin d'être traitées conformément aux normes dans les foires, selon la Protection suisse des animaux (PSA). Globalement, les animaux exposés manquent d'espace lors de ces manifestations.

"Plus le pis est gros et plein, plus la victoire est assurée": c'est le constat qu'a fait la Protection suisse des animaux lors de ses visites aux quatre expositions de vaches en 2016 (Swiss Expo, Tier & Technik St-Gall, Expo Bulle et Colmar 2016). L'organisation a publié lundi son dernier rapport qui se base sur 17 visites dans des foires animales effectuées l'an dernier par des vétérinaires, zoologues, biologistes et agronomes.

Les douze heures habituelles d'intervalle entre les traites n'ont été respectées pratiquement chez aucune vache. Conséquence: des pis "enflés, durs et pleins à éclater", empêchant les bovins de marcher normalement. Par ailleurs, les bêtes étaient soumises à un "toilettage excessif": vernis, gel, spray, poudre et rasage total des poils au mufle et aux sourcils. Ces manipulations enfreignent les dispositions légales et les règlements, selon la PSA.

La foire agricole de l'Olma n'a pas fait mieux en transportant et mettant en stabulation, c'est-à-dire le maintien dans un espace restreint et clos, de vaches proches de la mise bas. Pour l'organisation, ces conditions de détention sont "inacceptables".

Trop peu d'espace

De manière générale, les animaux exposés lors de ces manifestations manquent d'espace et sont ainsi stressés. A la foire agricole de Berne (BEA) par exemple, une truie et ses porcelets étaient entassés dans un emplacement tellement petit qu'ils ne pouvaient plus bouger et se faisaient toucher par les visiteurs de tous les côtés sans pouvoir se retirer, et ce durant plusieurs jours.

Même son de cloche à la bourse aux reptiles à Etoy (VD), où de nombreux animaux étaient installés dans des conteneurs ou des gobelets en plastique trop petits. Là aussi, le règlement a été enfreint et l'ordonnance sur la protection des animaux pas respectée.

Pour la PSA, les animaux exposés dans les foires devraient disposer au minimum de zones de retrait et de repos hors de portée du public. Il est aussi important d'engager un personnel de surveillance "dûment formé". Enclos et structures doivent être conçus en fonction des particularités et besoins de chaque bête.

Les expositions canines et félines font également grincer des dents la PSA. Les animaux sont fatigués et soumis à un toilettage excessif, détenus dans des cages trop petites et présentés au public sous un jour "anthropomorphe". Mais responsables de la manifestation et exposants se montrent "particulièrement réticents pour améliorer les choses dans le sens de la protection animale", fustige l'organisation.

Quelques améliorations

Malgré ces points négatifs, la PSA a noté des améliorations et la prise en compte de critiques dans certaines expositions. Des détentions animales parfois exemplaires ont pu être observées, une première. Il s'agit notamment de l'Olma, pour la détention de bétail laitier en stabulation libre dotée d'un robot de traite, de la LUGA et la BEA, pour la détention de cochons d'Inde en libre parcours.

Mention positive également pour les enclos de moutons, chèvres et ceux offrant un libre parcours qui sont de plus en plus fréquents, se réjouit l'association.

La PSA tient à souligner qu'elle n'a pas d'opposition de principe aux foires animales. Néanmoins, ces expositions doivent faire figure de modèle en raison de leur "impact pédagogique non négligeable".

ATS

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