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Agitant le drapeau rouge et noir du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche) au pouvoir, faisant le V de la victoire ou levant le poing, ces hommes célébraient le succès de leur opération de mardi sur la ville rebelle de Masaya.

KEYSTONE/AP/ALFREDO ZUNIGA

(sda-ats)

Les forces fidèles au président nicaraguayen Daniel Ortega ont assis mercredi leur contrôle sur la ville de Masaya, bastion de l'opposition violemment repris la veille. Les condamnations de la communauté internationale se multiplient.

T-shirt bleu, cagoule et fusil en main, des dizaines de paramilitaires patrouillaient à bord de pick-up dans les rues du quartier rebelle de Monimbo, jusqu'à la veille hérissées de barricades, a constaté l'AFP. D'autres, adossés à des murs recouverts de graffitis anti-Ortega, mangeaient ou se reposaient.

Agitant le drapeau rouge et noir du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche) au pouvoir, faisant le V de la victoire ou levant le poing, ces hommes célébraient le succès de leur opération de mardi. "Nous proclamons notre victoire, notre avance sur ces forces obscures, diaboliques, qui pendant trois mois ont frappé et confisqué la paix", a déclaré aux médias officiels Rosario Murillo, vice-présidente du Nicaragua et épouse de M. Ortega.

Bilan peu clair

Selon une ONG, quelque 200 habitants de Masaya ont dû fuir la ville mercredi, poursuivis par les forces progouvernementales. "En ce moment, ces personnes qui s'étaient réfugiées (dans les environs de Masaya) sont en train d'être pourchassées par la police et les paramilitaires qui utilisent des chiens pour les traquer", a déclaré le dirigeant de l'Association nicaraguayenne des droits de l'Homme (ANPDH) Alvaro Leiva.

Durant plusieurs heures mardi, les habitants du quartier indigène de Monimbo on tenté de résister derrière leurs abris avec des pierres et des mortiers artisanaux.

Le bilan des affrontements dans cette ville de 100'000 habitants située à une trentaine de kilomètres de la capitale Managua était loin d'être clair. Le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) faisait était de deux morts, tandis que le gouvernement ne parlait que d'un policier tué. Une habitante a assuré à l'AFP qu'il s'agissait d'un "massacre", alors que, selon un paramilitaire, personne n'a été tué.

Population partagée

"Hier (mardi), ce fut une bataille de presque six heures, l'idée était de déloger (les rebelles) pour libérer la ville des barricades", a déclaré à l'AFP Francisco, un paramilitaire de 45 ans qui a participé aux combats. Selon lui, "la population apprécie et nous remercie". Giovania Valitan fait partie de ceux-là.

"Grâce à Dieu, tout est rentré dans l'ordre et la paix est revenue. Ces mauvaises personnes doivent chercher à réparer les dommages qu'elles ont causés (...) on souhaite la prospérité et travailler, rien de plus, et que les touristes reviennent, qu'ils n'aient pas peur", déclare à l'AFP cette femme de 34 ans.

D'autres, comme Livia Castillo, femme au foyer de 38 ans, estime qu'"on ne sait pas (ce qui va arriver), j'ai très peur, ça n'était jamais arrivé. J'ai un garçon de 16 ans et j'ai peur qu'ils l'emmènent de force".

Situation "alarmante"

L'incursion à Masaya, qui intervient deux jours avant le 39e anniversaire de la révolution sandiniste, est un pied de nez à la communauté internationale, qui a intensifié ces derniers jours les appels à la fin de la répression.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a approuvé mercredi une résolution condamnant la répression et a exhorté le gouvernement à se mettre d'accord avec l'opposition sur un calendrier électoral, un vote salué sur Twitter par le vice-président américain Mike Pence comme "une position ferme contre la violence parrainée par l'Etat" au Nicaragua.

La situation "est alarmante et empire de jour en jour", a averti mercredi le secrétaire de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), Paulo Abrao, dans un entretien à l'AFP.

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ATS