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Le loup doit être abattu durant la deuxième quinzaine de mai au plus tard (image symbolique).

Keystone/AP dapd/KLAUS-DIETMAR GABBERT

(sda-ats)

Les Grisons et le Tessin ont le loup M75 dans leur ligne de mire. L'animal, qui a égorgé trop de moutons, doit être abattu, ont annoncé les deux cantons mercredi. Le WWF brandit la menace d'une action en justice.

Les récentes attaques dans la Léventine (TI) et dans des vallées du sud des Grisons sont le fait d'un seul et même loup. Dans trois cas, des échantillons d'ADN montrent que M75 est bien le coupable, a précisé l'office grison de la chasse. Raison pour laquelle les deux cantons ont délivré en même temps une autorisation de tir.

Le loup a tué plus de 40 moutons dans la région entre le 21 janvier et le 8 février. Il a sans doute aussi égorgé sept autres ovins dans l'Oberland grison à la mi-février, selon les autorités cantonales, le mode opératoire étant très semblable aux autres attaques.

Selon l'ordonnance fédérale sur la chasse, les prédateurs peuvent être tirés s'ils causent trop de dégâts dans les troupeaux malgré l'application de mesures de protection. La perte d'au moins 25 animaux en un mois est considérée comme un dommage suffisant.

L'autorisation de tir donnée mercredi court sur 60 jours. Durant la deuxième quinzaine de mai au plus tard, le loup doit être abattu.

Un solitaire inconnu

L'animal sous la menace des fusils est peu connu. Il semble s'agir d'un arpenteur des plaines solitaire mais très agité, au passé mystérieux. La bête a été identifiée génétiquement pour la première fois en janvier dans le sud des Grisons, a précisé à l'ats Georg Brosi, inspecteur de la chasse du canton.

Selon lui, ce cas n'est que le deuxième du genre dans les Grisons. Seul un autre loup a déjà été tiré, à l'automne 2001, pour avoir trop semé la mort dans les troupeaux. L'animal avait alors égorgé près de 100 moutons et chèvres.

Au Tessin, l'autorisation de tir fait même figure de première, d'après Giorgio Leoni, responsable de l'Office cantonal de la chasse et de la pêche. Alors qu'au moins 22 loups y ont passé leur chemin depuis 2001.

Les bains de sang sont relativement fréquents derrière les clôtures grisonnes, où on a dénombré jusqu'en 2015 environ 20 bêtes mortes par année, puis davantage. Pour l'heure, en 2017, 32 animaux ont été égorgés dans le canton. D'après M. Brosi, 15 à 20 loups cheminent actuellement dans les Grisons, en incluant la meute sur le Calanda, à la frontière avec le canton de St-Gall.

Une action en justice

Dans un communiqué, le WWF a déploré l'autorisation de tir délivrée mercredi. L'organisation de protection de l'environnement veut examiner les deux décisions de près et se réserve le droit d'entreprendre une action en justice.

Le WWF doute que le Tessin respecte les critères de la Confédération en ce qui concerne les mesures de protection des troupeaux. Elles sont encore lacunaires alors même que le loup est de retour dans ce canton depuis déjà dix ans, souligne-t-il.

ATS

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