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Les transformateurs de produits laitiers doivent payer au minimum les prix indicatifs aux producteurs. C'est ce que demandent l'Union suisse des paysans et les Producteurs suisses de lait (image symbolique).

Keystone/ARNO BALZARINI

(sda-ats)

La situation des producteurs de lait est insupportable, estiment l'Union Suisse des Paysans (USP) et les Producteurs Suisses de Lait (PSL). Ils revendiquaient mardi la hausse du prix du lait et la fin des déductions injustifiées.

Les producteurs de lait et l'USP demandaient ainsi que les acheteurs relèvent les prix effectifs au minimum au prix indicatif actuel de 65 centimes par kilo dès le 1er juillet. "Il est incompréhensible que nous ne puissions générer aucune valeur ajoutée au niveau de la production", soulevait Markus Ritter, président de l'USP.

Pour le lait de centrale, transformé en lait de consommation, beurre, crème ou yaourt, de nombreux producteurs ne reçoivent pas le prix indicatif fixé par l'Interprofession du lait (IP Lait). Hans Frei, vice-président de l'USP et président du GT Lait, exemplifiait la situation sur sa propre exploitation.

Les prix du lait payé par les acheteurs se situent environ 4 centimes en dessous des prix indicatifs d'IP Lait, soit une perte de plus de 1000 francs par mois, a-t-il expliqué. Les prix peuvent fortement varier en fonction des acheteurs, selon PSL. Mais ces écarts ne sont pas toujours expliqués ou justifiés.

Trop de déductions

De plus, ces acheteurs procèdent à des "déductions radicales" et injustifiées sous prétexte du franc fort, de la loi chocolatière ou de la défense contre les importations. Ces déductions doivent être réduites au strict minimum car la situation du marché s'améliore autant en Suisse qu'à l'étranger.

Les quantités de lait sont en recul de plus de 5% par rapport à 2016, précise Markus Ritter, président de l'USP. "Ce sont des millions de francs qui ont littéralement échappé aux producteurs de lait", résume M. Frei.

Les 65 centimes par kilo ne représentent que les charges réelles moyennes des exploitations. Le travail des familles paysannes n'a pas encore été payé et elles "puisent dans leurs réserves" (Frei). Les producteurs de lait devraient recevoir environ 77 centimes par litre de lait, estiment-ils.

Pas de prix minimal

IP Lait ne peut pas fixer de prix minimaux pour des raisons de concurrence, a dit à l'ats son directeur Stefan Kohler. Et tous les transformateurs de produits laitiers ne peuvent pas payer le prix indicatif à cause du portefeuille de produits et de la concurrence de l'étranger.

Concernant les déductions, M. Kohler répond qu'elles doivent être convenues entre les différentes producteurs et acheteurs de lait. L'organisation ne peut pas les contrôler.

"Nous saluons l'impulsion des paysans", précise toutefois M. Kohler. Le non-respect des prix indicatifs met en danger le système de segmentation du marché des produits laitiers.

Filière principale

IP Lait établit des prix indicatifs graduels selon la loi sur l'agriculture. Le prix le plus élevé est payé pour le lait qui va au marché suisse protégé. La production de lait subventionnée ne doit pas excéder ce dont le marché a besoin.

La production de lait est la principale filière de production de l'agriculture suisse, selon M. Ritter. Près de deux milliards de francs de la valeur de production résultent de la vente du lait. Etant donné que le prix du lait revêt une importance primordiale, le désespoir est particulièrement grand et se fait sentir dans tout le pays, a dit le président de l'usp.

ATS

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