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Le Parti social-démocrate (SPD) allemand réuni en congrès à Bonn a voté en faveur de l'ouverture de négociations formelles avec les conservateurs d'Angela Merkel.

KEYSTONE/AP/MICHAEL PROBST

(sda-ats)

Les sociaux-démocrates allemands ont approuvé dimanche en congrès et dans la douleur le principe d'une coalition avec Angela Merkel. Cette décision va sans doute rassurer en Europe même si l'imbroglio politique sur la formation du gouvernement est loin d'être résolu.

Dès le début de la semaine, le SPD de Martin Schulz et les conservateurs dirigés par la chancelière allemande vont commencer des négociations en vue d'un "contrat de coalition", feuille de route du futur gouvernement. Au mieux, ce dernier pourrait prendre ses fonctions mi-mars, soit six mois après les législatives qui ont laissé la première puissance européenne sans majorité évidente.

Mme Merkel a "salué" dimanche soir ce résultat, tout en notant "que beaucoup de questions doivent encore être résolues (...) il reste beaucoup de travail". Dès lundi, de premières discussions sur l'ordre du jour doivent avoir lieu.

Mais c'est sans enthousiasme que les sociaux-démocrates se lancent dans la discussion, les délégués du parti n'ayant approuvé qu'à 56% la tenue de ces pourparlers. Le chef du SPD avait lancé dimanche à Bonn un vibrant appel aux 642 délégués pour leur demander de voter oui. Résultat du vote: 362 voix pour, 279 voix contre, et une seule abstention.

"La république nous regarde, et je sais que des gens à travers toute l'Europe regardent aujourd'hui le SPD", a dit juste avant le scrutin l'ex-président du parlement européen. Peu après sa courte victoire, il s'est dit "soulagé", reconnaissant que "le résultat montre qu'on a dû se battre".

L'épouvantail de la GroKo

Ce vote ne signifie pas pour autant que l'Allemagne sera dirigée comme en 2005-2009 et 2013-2017 par une grande coalition. En effet, le résultat des négociations entre SPD et CDU/CSU sera soumis aux militants du SPD. Comme les délégués, la base du parti est très divisée sur l'opportunité de gouverner de nouveau sous la houlette de la chancelière, au pouvoir depuis 12 ans.

Pour une partie de la base du SPD, la grande coalition, ou GroKo, fait figure d'épouvantail, car seule la chancelière semble avoir profité de ces expériences gouvernementales communes. Les sociaux-démocrates ont été laminés aux législatives de septembre (20,5%) et sont depuis en chute dans les sondages.

Par ailleurs, la gauche du parti considère que lors des pourparlers préliminaires, les chefs du SPD ont déjà fait trop de concessions aux conservateurs sur la santé, la politique migratoire ou les finances publiques. M. Schulz a d'ailleurs promis dimanche de négocier fermement sur ces points et de permettre au bout de deux ans de dresser un bilan pour éventuellement se retirer de la coalition.

L'extrême-droite complique la donne

Mme Merkel, qui retrouvait dimanche soir les dirigeants de son parti, devait être soulagée. Car après sa victoire électorale en demi-teinte à l'automne, elle a déjà échoué à former une alliance avec les Verts et les libéraux.

Si ses efforts avec le SPD n'aboutissent pas, elle devra soit se résoudre à un gouvernement minoritaire, fragile de nature, soit opter pour des législatives anticipées à hauts risques. Celle qui reste chancelière chargée des affaires courantes a refusé jusqu'ici ces deux options.

Des élections laissent craindre en particulier une nouvelle poussée de l'extrême droite. Les quelque 13% recueillis en septembre par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), un score historique, ont déjà morcelé la chambre des députés et compliqué la quête d'une majorité.

Ce parti a surfé sur les inquiétudes générées par l'ouverture du pays à plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015 et a fait d'un départ précipité de la chancelière son principal objectif.

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ATS