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Les impacts sanitaires et environnementaux du glyphosate, largement utilisé dans l'agriculture, font débat depuis plusieurs années (photo prétexte).

KEYSTONE/AP/SETH PERLMAN

(sda-ats)

Les quantités d'herbicides commercialisées en Suisse ont nettement diminué depuis 2008, selon l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Un recul qui s'explique par une forte baisse de l'utilisation du glyphosate dès 2014.

Entre 2008 et 2016, les quantités commercialisées d’herbicides ont diminué de 225 tonnes, soit une réduction de 27 % depuis 2008, selon les statistiques de ventes des produits phytosanitaires de l'OFAG publiées mardi. De 2014 à 2016, c'est 92 tonnes de moins de glyphosate qui ont été mises sur le marché, pour un total de 204 tonnes.

L'OFAG explique en partie ce recul par un usage "de plus en plus fréquent de technique de lutte mécanique contre les mauvaises herbes". L'utilisation du glyphosate, classé "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer, est débattue dans plusieurs pays, dont la Suisse. Le Conseil d’Etat vaudois a notamment décidé début juillet de limiter son utilisation sur le territoire cantonal.

Drosophile de cerisier

Le kaolin, un insecticide biologique, a lui connu une hausse spectaculaire en 2015, suivi d'une légère baisse en 2016. Par rapport à 2008, treize fois plus de kaolin (+79 tonnes) a été commercialisé.

Une augmentation qui peut s'expliquer par l'apparition au début des années 2010 de la drosophile de cerisier, explique l'OFAG. Ce nouveau ravageur peut provoquer des dégâts importants dans les cultures fruitières. Le minéral argileux kaolin, produit naturel et inoffensif pour l'homme, dérange les drosophiles lors de la ponte des oeufs.

Il a ainsi fait son apparition parmi les dix substances phytosanitaires les plus utilisées en Suisse. Tout comme le soufre, l'huile de paraffine et le cuivre, aussi dans le top 10, il peut être utilisé en agriculture biologique. Le soufre, utilisé comme fongicide, est en tête du classement. Les quantités commercialisées de ce produit ont augmenté de 356 à 406 tonnes ces dernières années.

Nouvelle classification

Il est suivi, en tête des ventes, par l’huile de paraffine, le glyphosate, qui recule d'une place par rapport à 2008, et le folpet (fongicide en viticulture). Dans l'ensemble, les ventes de produits phytosanitaires sont restées stables en Suisse depuis 2008, selon les statistiques de l'OFAG. Elles représentent environ 2200 tonnes par année.

En raison de la nouvelle classification Eurostat, l'Office européen des statistiques, les données publiées jusqu’ici ne sont pas comparables avec les statistiques actuelles. C’est pour cette raison que l’OFAG a repris les chiffres publiés depuis 2008.

La classification Eurostat prend aussi en compte les substances actives non-classifiées telles que les molluscicides, les rodenticides, les nématicides et les agents répulsifs. Elle se base sur le type d’utilisation et les propriétés chimiques des substances actives. Cette nouvelle présentation des statistiques permet une interprétation plus détaillée des données sur la vente de ces produits, souligne l'OFAG.

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ATS