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Nouvelle épreuve en perspective pour la patronne du FN (archives)

KEYSTONE/EPA/IAN LANGSDON

(sda-ats)

La présidente du parti français d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, a été mise en examen vendredi pour abus de confiance dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national. Jusqu'à présent, elle avait refusé de rencontrer les juges.

La présidente du FN, 48 ans, a aussitôt annoncé par son avocat, Rodolphe Bosselut, son intention de saisir lundi la chambre de l'instruction d'un recours contre cette décision, qu'elle juge en "violation du principe de séparation des pouvoirs". Elle entend pour cette raison demander aussi une suspension de l'instruction, a ajouté l'avocat dans un communiqué.

La dirigeante d'extrême droite a été convoquée en début d'après-midi au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Elle a notamment été mise en examen pour "abus de confiance en sa qualité de député européenne" pendant la période 2009-2016, selon une source judiciaire.

Députée à l'Assemblée nationale

Est visée l'utilisation de fonds du Parlement européen pour rémunérer sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, et son garde du corps, Thierry Légier, deux des "assistants parlementaires" en question, précise-t-on de même source. Marine Le Pen est également mise en examen pour complicité d'abus de confiance pour la période 2014-2016, en sa qualité de présidente du Front national, ajoute-t-on.

L'ex-candidate à l'élection présidentielle a été élue députée à l'Assemblée nationale le 18 juin. Elle avait jusqu'ici refusé de se rendre aux convocations des juges chargés de ce dossier.

Selon son avocat, elle "a contesté formellement" les griefs qui lui sont faits lors de son audition et "fait connaître qu'elle saisirait dès lundi la chambre de l'instruction d'un recours contre sa mise en examen, en considération de la violation du principe de séparation des pouvoirs".

"En raison du caractère fondamental de cette question posée, une demande de suspension de l'instruction sera également introduite", ajoute Rodolphe Bosselut.

Système frauduleux de rétribution

Au-delà du cas de Catherine Griset et Thierry Légier, la justice soupçonne le FN d'avoir instauré un système frauduleux de rétribution de ses salariés avec des fonds européens en les faisant passer pour des collaborateurs parlementaires. Le Parlement européen estime à près de cinq millions d'euros le préjudice potentiel qu'il a subi du fait de ce système.

Le FN dénonce depuis le début de la procédure une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Joint par Reuters, le parti n'a pas souhaité réagir officiellement à l'annonce de la mise en examen.

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ATS