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Mike n'est pas décédé d'une overdose mais d'un arrêt cardiaque

La mort de Mike après un contrôle de police musclé à Lausanne avait mené à un rassemblement à Lausanne. Un demi-millier de personnes avait alors dénoncé "le racisme et les violences policières" (archives). KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD sda-ats
Ce contenu a été publié le 18 septembre 2018 - 16:47
(Keystone-ATS)

L'autopsie de l'homme décédé en mars dernier après un contrôle de police agité à Lausanne conclut à un arrêt cardiaque, indique l'avocat de sa famille. La piste de l'overdose est donc écartée.

Sur les ondes de la RTS, Simon Ntah, conseil de la famille, a déclaré mardi que Mike est décédé d'un arrêt cardiaque des suites des violences imposées par les forces de l'ordre. Le rapport d'autopsie révèle par ailleurs qu'il n'avait pas de cocaïne dans son sang, a-t-il ajouté.

Agé de 40 ans, il n'était pas spécialement sportif et était de forte corpulence, poursuit l'homme de loi à Keystone-ATS. Interrogé sur d'éventuels antécédents de problèmes cardiaques, il précise qu'il n'en avait pas.

Dans ce contexte, l'avocat a demandé lundi au Parquet une mise en prévention pour homicide intentionnel à l'encontre des policiers qui sont intervenus lors de cette arrestation le 28 février. Il estime qu'il y a eu un usage disproportionné de la force. Jusqu'ici, ces personnes étaient prévenues d'homicide par négligence.

Cause pas connue

Du côté des avocats des policiers, la riposte n'a pas tardé. Ceux-ci écrivent dans un communiqué que la cause de l'arrêt cardio-respiratoire n'a pas pu être établie. Ils affirment que, selon les experts, il n'y a pas eu décès par asphyxie positionnelle, ni par asphyxie consécutive à une compression thoracique.

Et d'ajouter que les experts ont "mis en évidence des antécédents cardiaques qui auraient nécessité un suivi médical dont on ignore si Mike y a donné suite".

Contacté, le procureur en charge de l'affaire Sébastien Fetter précise que six personnes sont prévenues. S'il confirme le dépôt du rapport d'autopsie, il se refuse par contre à commenter son contenu.

Rassemblement

La mort de Mike, ressortissant nigérian avait fait grand bruit à Lausanne et bien au-delà. En mars, quelque 500 personnes avaient défilé dans la capitale vaudoise pour lui rendre hommage et "dénoncer le racisme et les violences policières".

Pour mémoire, Mike s'était opposé à des agents de police qui disent avoir été attirés par son comportement suspect lors d'un contrôle contre le deal. Comme il refusait de leur obéir, l'homme avait été maîtrisé par la contrainte et menotté.

Il avait alors fait un malaise et, malgré des premiers soins sur place puis un transport au CHUV, il était décédé le lendemain. La police disait avoir trouvé des boulettes de cocaïne à côté de son visage et dans sa bouche après son malaise.

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