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Mondial: la presse allemande aux anges

Ce contenu a été publié le 14 juillet 2014 - 09:47
(Keystone-ATS)

"1-0 Champions du monde!", a titré lundi le quotidien allemand Bild sur une photo pleine page de Mario Götze, unique buteur lors de la finale de la Coupe du monde face à l'Argentine.

"Vous êtes les plus grands", a clamé le quotidien le plus lu d'Europe sur une photo de toute l'équipe s'étalant en double page intérieure d'une édition presque intégralement consacrée à cette "partie héroïque".

"Götz soit loué", a aussi osé Bild en jouant sur la proximité phonique entre le nom du joueur et Gott (dieu en allemand). L'entraîneur Joachim Löw a aussi eu droit aux honneurs. "Nous nous inclinons devant Jogi Löw. Ce titre est son chef d'oeuvre. Concentré, il a conduit l'équipe à travers le tournoi. Il est resté tranquille après les grandes victoires, il a gardé son calme après les matches difficiles", a jugé Bild.

Presque sobrement, le quotidien berlinois Tagesspiegel a mis en Une le trophée tant convoité. De son côté, le tabloïd Berliner Zeitung a titré "Champions du monde", et Die Welt a écrit "C'est vrai" en utilisant les couleurs nationales noir-rouge-or.

"1954. 1974. 1990. 2014! L'Allemagne est championne du monde", s'est exclamé pour sa part le site web du Spiegel. "Götze, le libérateur", a titré le Frankfurter allgemeine Zeitung, avant d'ajouter: "Sur l'ensemble du tournoi, le titre de l'Allemagne est largement mérité."

"En 2006 et 2010, l'équipe était arrivée tout près du but, mais avait échoué en demi-finale. En 2014, l'équipe et son entraîneur étaient mûrs pour le titre", a commenté la FAZ, saluant "peut-être la meilleure génération de joueurs de l'histoire du football allemand".

Pour la Neue Osnabrücker Zeitung, "l'équipe allemande a tenu sa promesse. Les concerts de klaxons et défilés de voitures qui ont commencé dimanche soir vont encore monter en puissance jusqu'à la réception de l'équipe à Berlin mardi", a estimé le quotidien régional.

"Personne ne peut rien contre la force d'aspiration d'un grand événement footballistique", a poursuivi le journal. "Guerre en Israël? Guerre en Ukraine? Affaire d'espionnage? Pour beaucoup, tout cela n'a aucune importance (...) Pour la plupart des gens, le football est un stimulant émotionnel loin du quotidien rationnel".

Le Frankfurter Rundschau s'est livré en ligne à un commentaire sentencieux sur la différence entre sport et politique: "lorsqu'on en reviendra à la routine quotidienne, nous (l'Allemagne, ndlr) devrions réfléchir au fait que le plus fort ne gagne pas toujours, s'il laisse tomber les plus faibles et n'a plus personne avec qui jouer".

Le journal régional Kölner Stadt-Anzeiger a lui aussi filé la métaphore politico-sportive. "Si le concept de 'nation building' (en anglais dans le texte) n'était pas aussi lié à la construction des nations dans un contexte post-colonial, (...) on pourrait dire que l'Allemagne est en plein dans un tel processus. Les crispations du passé se sont enfin détendues, et pourtant cela ne débouche pas sur un nouveau nationalisme mais plus d'ouverture sur le monde".

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