"Nous ne savons pas à quel point la situation est mauvaise" sur Ebola en RDC, selon Médecins Sans Frontières (MSF). L'ONG salue les annonces récentes de l'OMS et ignore quand elle pourra relancer des activités à Butembo et Katwa après les attaques contre elle.

"Nous ne voyons pas d'évolution positive" à l'épidémie, affirme dans un entretien vendredi à Keystone-ATS la coordinatrice d'urgence de MSF pour la réponse à Ebola en République démocratique du Congo (RDC), Trish Newport. Le nombre de cas s'accélère et dépasse désormais les 1600 confirmés et suspects alors que celui des victimes a franchi la semaine dernière les 1000.

Ces dernières semaines, plus de 80% des personnes qui sont venues s'ajouter à ce total n'avaient pas été identifiées comme suspectes dans leur centre de santé. L'insécurité augmente et l'extension récente de cas n'est pas liée à "la pauvreté de la réponse" mais à un "manque d'accès", dit Mme Newport, en marge de l'Assemblée générale de MSF Suisse à Genève.

Mercredi, un travailleur de santé a été tué, quelques jours après un médecin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Comme cette institution, Mme Newport relève la menace d'une extension à d'autres régions du pays mais aussi aux Etats voisins.

Il y a quelques mois, la présidente internationale de MSF Joanne Liu avait appelé à Genève tous les acteurs à changer d'approche et estimé que la réponse avait "échoué". De son côté, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus estimait encore que l'épidémie pourrait être contrôlée en quelques mois.

Extension de la vaccination attendue

Mais son institution a annoncé la semaine dernière des centres de transit "plus petits" et pilotés par les communautés. Une annonce que salue Mme Newport qui ne peut évaluer quand l'épidémie pourra être éliminée. Un dialogue avec les communautés "ne résoudra pas tous les problèmes" mais "c'est une première étape" cruciale pour lutter contre le virus, ajoute-t-elle.

Tous les acteurs reconnaissent le besoin d'un nouveau dispositif mais il faut que celui-ci "doit être appliqué", selon elle. Autre annonce de l'OMS qu'elle salue si elle est en ligne avec la volonté des communautés, la vaccination est désormais prévue en dehors des zones difficiles et va s'étendre à une plus large population. L'ONG sera associée à ces efforts.

Certaines personnes reprochent aux acteurs internationaux de ne pas avoir oeuvré au moment des massacres dans la région ces dernières années, ni pour lutter contre la malaria. Elles disent que ces organisations "ne sont pas préoccupées" par leur situation, affirme Mme Newport. Selon elle, il faut répondre à l'ensemble des problèmes de ces populations pour réussir contrôler Ebola.

MSF admet ses propres "erreurs" et a aussi modifié récemment son approche pour la rendre davantage adaptée aux besoins locaux. Elle a apporté une assistance pour l'assainissement de l'eau et des soins pour toutes les pathologies et pas seulement Ebola. Tout en maintenant une séparation des personnes affectées par le virus pour éviter les infections d'autres patients, responsables de nombreux nouveaux cas récents.

Dizaines d'employés

Selon M. Newport, seules cas confirmés doivent être soignés dans les centres de traitement et les cas suspects devraient être identifiés en amont, directement auprès des personnes importantes dans les communautés que les patients consultent en premier.

MSF n'a elle pas non plus été épargnée par les attaques de groupes armés. Elle a dû suspendre ses deux centres de traitement à Butembo et Katwa. "Avant de revenir, nous devons nous assurer que les communautés le veulent" et que la sécurité "actuellement incertaine" le permet, dit la responsable de MSF Suisse. La société civile doit convaincre dans cette zone qu'Ebola est un problème.

Des dizaines d'employés de MSF sont toujours en RDC et l'ONG soutient un centre de traitement et pilote deux centres de transit, dont un fonctionne encore.

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