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Une intervention policière pour déloger vendredi des paysans sans terre d'une propriété au Paraguay a viré au massacre: au moins seize personnes, sept membres des forces de l'ordre et neuf occupants, ont péri dans des échanges de coups de feu, ont annoncé les autorités.

Dans un message à la Nation, le président Fernando Lugo a annoncé après les violences le limogeage du ministre de l'Intérieur, Carlos Filizzola, et du chef de la police, Paulino Rojas.

80 blessés

Les heurts, qui ont également fait environ 80 blessés, ont opposé 300 policiers et 150 paysans qui occupaient une propriété agricole appartenant à l'homme d'affaires local Blas Riquelme, située dans la localité de Curuguaty, à 250 km au nord-est d'Asunción.

M. Filizzola a assuré que les premiers tirs provenaient des rangs des occupants et a indiqué que la police avait repris le contrôle de la situation. L'intervention des forces de l'ordre répondait à "un ordre judiciaire. Nous avons agi conformément à la loi", a-t-il expliqué.

Selon le ministre de l'Intérieur, quand les responsables du détachement policier se sont approchés des leaders paysans pour négocier, "ils ont été reçus par des tirs". Ensuite, les occupants se sont dispersés et ont gagné une zone boisée, où ils ont été encerclés.

"Soutien" du président aux policiers

La propriété se situe dans une région exploitée en grande partie par des "Brasiguayens" (contraction de Brésilien et Paraguayen), de prospères producteurs de soja brésiliens, installés depuis 40 ans sur les terres les plus fertiles du Paraguay, sur les rives du fleuve Parana, à la frontière avec l'Argentine et le Brésil.

Proche du président Lugo, le dirigeant paysan José Rodriguez a déclaré pour sa part que ces affrontements "pouvaient être un 'auto-attentat' de la police" destiné à justifier la mort des paysans. Les conflits terriens sont récurrents au Paraguay, où 2% de la population possède 80% des terres.

ATS