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Paris et Londres ont décidé de renforcer leur coopération pour dissuader les migrants de se rassembler à Calais, dans le nord de la France. Les nouveaux arrivants nourrissent souvent l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni à partir de là.

Les ministres de l'Intérieur français et britannique, Bernard Cazeneuve et Therera May, se sont rencontrés jeudi à Paris pour débattre de l'aggravation de la crise migratoire en Méditerranée et de ses répercussions à Calais, où 3000 migrants se trouvent actuellement selon les autorités.

Ils sont convenus de renforcer leur coopération, "notamment en abondant le fonds d'intervention" qui doit permettre l'installation de "dispositifs complémentaires indispensables afin d'empêcher l'accès au port par la plage, mais aussi pour sécuriser l'accès au tunnel sous la Manche", lit-on dans un communiqué conjoint.

Tentative de dissuasion

De nombreux migrants, pour la plupart africains, tentent à tout prix de passer au Royaume-Uni en montant à bord de poids lourds, voire en passant à pied par le tunnel. Bernard Cazeneuve et Therera May ont donc décidé de renforcer leurs campagnes d'information conjointes auprès des migrants "pour expliquer la réalité du système d'asile et de prise en charge sociale en Grande-Bretagne".

Dans leurs campements de fortune, les migrants sont en effet persuadés que la Grande-Bretagne est un eldorado pour sa langue (ils viennent souvent de pays anglophones), parce que des membres de leur famille y vivent, pour l'accueil jugé plus respectueux que celui reçu en France et pour les bénéfices qu'ils peuvent en retirer.

Les Syriens, qui seraient à Calais une petite centaine, ont manifesté dans la ville et pris à partie les autorités britanniques pour qu'elles acceptent de leur ouvrir les portes. Selon eux, la France leur propose l'asile mais va les laisser dehors encore quelques mois "alors qu'en Angleterre ils seront hébergés sur le champ et dignement".

Création d'un centre

Dans un rapport remis mercredi à Bernard Cazeneuve sur la situation des migrants dans le Calaisis, l'ex-préfet du Nord-Pas-de-Calais Jean Aribaud et le président de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, Jérôme Vignon, démentent cette idée. Les conditions d'accueil ont été durcies côté britannique et elles sont proches de ce qui se fait en France, expliquent-ils.

Les Britanniques offrent aux arrivants une dotation mensuelle de 200 euros hors hébergement quand la France leur délivre une aide de 91 à 202 euros, aussi hors hébergement. Les rapporteurs suggèrent la création d'un centre pour les migrants en France situé à une centaine de km du littoral, avec une capacité d'accueil de 200 personnes, pour leur exposer les conditions de l'accueil en France et les dissuader de risquer leur vie pour aller au Royaume-Uni.

Géré avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ce centre nécessiterait un budget de 3 millions d'euros par an, assumé pour moitié par l'Union européenne.

ATS