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Cette annonce intervient sur fond de réformes choc dans le royaume ultraconservateur sous l'impulsion du prince héritier Mohamed ben Salmane (archives).

KEYSTONE/AP POOL/PAVEL GOLOVKIN

(sda-ats)

Plus de 200 personnes ont été arrêtées en Arabie saoudite dans le cadre d'une purge anticorruption sans précédent menée récemment dans le royaume. Elle a notamment visé des princes, ministres et hommes d'affaires, ont indiqué jeudi les autorités saoudiennes.

Cette annonce intervient sur fond de réformes choc dans le royaume ultraconservateur sous l'impulsion du prince héritier Mohamed ben Salmane, 32 ans, mais aussi de tensions grandissante avec l'Iran chiite, la puissance rivale dans la région.

"Un total de 208 personnes ont été convoquées pour interrogatoire jusqu'à présent. Sur ces 208 personnes, sept ont été relâchées sans être inculpées. L'ampleur potentielle des actes de corruption révélés est très grande", a indiqué le procureur général du royaume dans un communiqué.

Les sommes concernées par ces malversations atteignent 100 milliards de dollars (86,1 milliards d'euros) "sur quelques dizaines d'années", selon la même source, qui parle d'une enquête sur trois ans.

Commission anticorruption

Des princes, dont le célèbre milliardaire Al-Walid ben Talal, des ministres ainsi que des hommes d'affaires ont été appréhendés samedi soir lors d'une opération coup de poing qui fait suite à la mise en place d'une nouvelle commission anticorruption présidée par le prince héritier, dont l'emprise sur le pouvoir est croissante.

Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l'État.

Les personnalités arrêtées - et détenues dans un lieu non précisé par les autorités - vont être jugées devant un tribunal, a indiqué lundi le procureur général.

Mais cette vague d'arrestations pourrait aussi faire partie d'une lutte pour le pouvoir, a souligné mercredi Human Rights Watch (HRW). L'ONG s'est inquiétée du fait que ces personnes sont détenues sans que les autorités n'avancent les raisons de leur emprisonnement.

Etouffer les contestations

Elle intervient au moment où Mohammed ben Salmane consolide son pouvoir et tente d'introduire des réformes économiques et sociales inédites. Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l'économie, le jeune prince héritier semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.

Signe que c'est l'homme fort du pays, c'est lui qui recevra jeudi soir à Ryad le président Emmanuel Macron: le chef de l'Etat français a annoncé cette visite surprise alors qu'il se trouve à Abou Dhabi.

Climat tendu

Le prince héritier a initié un vaste plan de réformes appelé "Vision 2030", destiné notamment à diversifier l'économie saoudienne, trop dépendante du pétrole. Depuis la chute des prix du brut à la mi-2014, Ryad a dû fortement réduire ses dépenses publiques.

Fin septembre, le pays, le dernier au monde interdisant aux femmes de conduire, avaient annoncé qu'elles pourraient prendre le volant à compter de juin 2018.

L'annonce de mardi s'inscrit dans un climat politique et diplomatique très tendu, avec des échanges de plus en plus vifs entre l'Arabie sunnite et son rival iranien.

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ATS