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La Confédération veut des règles plus strictes pour les foires exposant des animaux (image symbolique).

KEYSTONE/LEO DUPERREX

(sda-ats)

La mise à mort des bovins ou les foires d'animaux devraient être davantage encadrées. Mais un projet de la Confédération en ce sens s'attire les foudres des paysans. Les cantons et les défenseurs des animaux soutiennent, avec des bémols.

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) entend améliorer la protection des animaux en révisant toute une série d'ordonnances. Selon le projet, qui était en consultation jusqu'à mardi, la réglementation pour la mise à mort sera plus stricte et doit permettre d'éviter toute souffrance animale.

Ainsi, une personne chargée de la mise à mort doit être explicitement désignée au préalable et tenue pour responsable. Elle doit s'assurer que la mort de l'animal est réalisée dans les règles de l'art et instantanée.

De plus, les abattoirs qui traitent plus de 1000 bovins ou plus de 150'000 volailles ou lapins par an devront désigner un délégué à la protection des animaux. Les abattages de bovins hors des abattoirs autorisés ne seraient plus permis, sauf exceptions, ou pour des abattages d'urgence.

Actuellement, un paysan bio zurichois a obtenu une dérogation pour abattre ses vaches dans leur champ plutôt qu'à l'abattoir, afin de leur éviter le stress du transport. "Nous craignons que cela ne soit plus possible à l'avenir", indique Eric Meili, conseiller agricole à l'Institut de recherche en agriculture biologique (FiBL) à Frick (AG).

Chicaneries

Pour le reste, les paysans dénoncent des "chicaneries administratives" parfaitement inutiles. "Ces règles donneront bonne conscience à ceux qui les édictent, mais ne ménagent pas ceux qui doivent les mettre en application", critique Prométerre, l'association faîtière vaudoise de promotion des métiers de la terre.

La Suisse connaît déjà une réglementation très pesante dans le domaine vétérinaire, renchérit l'Union suisse des paysans (USP). Les nouvelles dispositions sont complètement disproportionnées. En outre, l'abattage en plein champ devrait rester possible, sous conditions. Il ne faut pas brider un marché de niche, indique l'organisation.

Pour les vétérinaires, ce dernier point n'est toutefois pas négociable. Seuls les abattages d'urgence doivent pouvoir être réalisés au champ, estime la Société des vétérinaires suisses.

Foires dans le viseur

Les foires exposant des animaux sont également visées par la Confédération. Des abus, rares, ont été médiatisés ces derniers temps, constate l'OSAV. Les organisateurs de telles manifestations seront désormais tenus de s'assurer du respect des règles.

Entre autres mesures, les animaux devront être sains et bien nourris pour être admis à la manifestation. Leur bien-être sera contrôlé et documenté deux fois par jour, et ils devront bénéficier obligatoirement de plages de repos.

Zoos pour enfants

L'USP qualifie ce projet de "monstre bureaucratique". La situation actuelle n'est pas alarmante, ces contrôles ne sont pas justifiés, estime également Prométerre. Il revient aux instances vétérinaires cantonales d'effectuer des contrôles ponctuels sur place.

L'OSAV veut encore interdire dans ces foires les enclos à lapins et autres cochons d'Inde accessibles au public ("zoos pour enfants"). Les petits animaux sont stressés par la foule. "On empêchera les enfants des milieux urbains de tisser des liens avec le monde rural en les privant des rares contacts directs avec les animaux de la ferme", regrette Prométerre.

Cantons prudents

Les cantons ayant répondu à la consultation soutiennent globalement le projet de révision. Fribourg et Neuchâtel s'inquiètent toutefois des éventuelles conséquences financières qu'impliquerait la mise en oeuvre des nouvelles règles. Ils ne veulent pas passer davantage à la caisse.

Le projet reçoit aussi le soutien partiel des défenseurs des animaux. La Protection suisse des animaux (PSA) salue une révision nécessaire. Mais elle regrette que l'OSAV ne soit pas allé jusqu'au bout de sa démarche. Ainsi, les conditions d'élevage des animaux de rente ou de transport d'animaux vivants ne seront pas améliorés, les élevages extrêmes de chiens pas interdits, constate-t-elle.

La Ligue suisse contre la vivisection (LSCV) reconnaît que le projet amène des améliorations concrètes. Mais certains points posent problème, comme le maintien des animaux sauvages dans les cirques. Cela devrait être interdit, comme c'est le cas dans de nombreux pays, selon elle.

ATS

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