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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été réélu à la tête du parti de la Justice et du Développement (AKP).

KEYSTONE/EPA/TUMAY BERKIN

(sda-ats)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan continue de concentrer les pouvoirs entre ses mains, comme le lui permet la révision constitutionnelle adoptée en avril. Il a retrouvé dimanche à Ankara la direction de l'AKP, parti au pouvoir qu'il avait lui-même fondé.

Réunis en congrès extraordinaire sous haute sécurité, les délégués du parti de la Justice et du Développement (AKP) ont sans surprise confirmé l'élection de M. Erdogan à la tête du parti. "Avec 1414 voix, notre chef fondateur a été choisi comme président", a déclaré Hayati Yazici, vice-président de l'AKP, après le vote.

"Ce congrès est un nouveau départ", a déclaré le chef d'Etat à l'annonce de sa victoire. "De la lutte contre le terrorisme à l'économie, de l'extension des droits et libertés aux investissements, dans chaque domaine, la période à venir fera faire un bond à la Turquie".

Seul candidat, M. Erdogan était certain d'être élu à la tête du parti. Il succède à son Premier ministre Binali Yildirim, qui dirige l'AKP depuis 2016.

Recep Tayyip Erdogan a fondé le parti en 2001 avant de l'amener au pouvoir par les urnes l'année suivante. Il avait été contraint d'en quitter la direction il y a près de trois ans quand il a été élu président. La Constitution ne permettait pas alors que le chef de l'Etat soit aussi membre d'un parti.

La situation a changé avec la modification de la Constitution votée par référendum le 16 avril. Cette réforme crée un système présidentiel accordant plus de pouvoirs au chef de l'Etat et l'autorise à être membre d'un parti et à le diriger.

"Vital" pour la stabilité du pays

"Nous voilà à nouveau réunis", avait déclaré M. Erdogan à son arrivée au stade couvert d'Ankara où se tenait le congrès. Des dizaines de milliers de personnes, venues de tout le pays, brandissaient des écharpes à l'effigie du président et des drapeaux turcs ou portaient une ampoule, emblème du parti.

"Après 998 jours (écoulés depuis qu'il a quitté le parti en 2014, ndlr), nous voilà dans la même pièce", s'était réjoui le chef d'Etat. M. Erdogan sera le premier président à diriger un parti depuis Ismet Inonu, successeur du fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, et chef de l'Etat jusqu'en 1950.

De tels changements politiques, dit le président Erdogan, sont vitaux pour assurer la stabilité de la Turquie. Il met en avant la lutte contre les séparatistes kurdes du PKK et contre les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).

Mais aussi le contexte du coup d'Etat militaire manqué du 15 juillet dernier, attribué par Ankara aux partisans du religieux Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis. "Nous allons poursuivre notre lutte contre toutes les organisations terroristes", a encore lancé le chef de l'Etat sous les applaudissements de ses partisans.

ATS

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