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Dix-huit membres de l'Information Commissionner's Office ont fouillé les bureaux de Cambridge Analytica à Londres.

KEYSTONE/AP PA/YUI MOK

(sda-ats)

Les locaux de Cambridge Analytica à Londres ont été perquisitionnés dans la nuit de vendredi à samedi. La société est accusée d'avoir acquis les données de millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement.

Londres cherche à savoir si le réseau social a suffisamment protégé ses utilisateurs. Dix-huit membres de l'Information Commissionner's Office (ICO), le régulateur britannique chargé de la protection des données, se sont rendus au siège britannique de l'entreprise, situé dans le centre de la capitale britannique.

"Nos enquêteurs ont quitté les lieux à environ 03H00 (04h00 en Suisse)", a indiqué samedi l'ICO (Information Commissionner's Office). "Nous allons maintenant devoir évaluer et examiner les données (recueillies) avant de décider des prochaines étapes et de tirer des conclusions", a ajouté le régulateur.

Cette autorité indépendante, chargée de protéger les données personnelles, avait obtenu vendredi un mandat de perquisition délivré par un juge de la Haute cour de Londres. L'ICO avait réclamé cette mesure pour "fouiller les serveurs" de Cambridge Analytica et "effectuer une vérification des données".

"Il ne s'agit là que d'une partie d'une enquête plus vaste sur l'utilisation de données personnelles à des fins politiques. Nous allons devoir maintenant recueillir, évaluer et examiner les éléments de preuve avant de tirer des conclusions", a expliqué un porte-parole de l'ICO.

Rôle dans le Brexit

Le régulateur avait indiqué avoir demandé dès le 7 mars à Cambridge Analytica de pouvoir accéder à ses dossiers, mais ne pas avoir pas obtenu de réponse "dans les délais impartis". D'où sa demande de mandat.

Le cabinet d'analyse est accusé d'avoir récupéré à leur insu les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook et de les avoir utilisées pour développer un outil informatique permettant de cibler des électeurs afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

La presse britannique s'interroge également sur son rôle pendant la campagne référendaire sur le Brexit, également en 2016.

Brittany Kaiser, qui était jusqu'il y a deux semaines la directrice du développement de Cambridge Analytica (CA), a déclaré au quotidien britannique The Guardian que la firme avait effectué une recherche de données pour Leave.EU, qui était l'un des principaux groupes favorables à la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, via le parti anti-UE Ukip.

Selon ses déclarations au journal, Mme Kaiser estime que les démentis publics et répétés de CA selon lesquels la firme n'avait jamais travaillé sur ce référendum sur l'UE avaient induit en erreur les parlementaires britanniques et le public.

Le scandale a plongé Facebook dans la tourmente, l'exposant à des plaintes en nom collectif, et a contraint son jeune patron milliardaire Mark Zuckerberg à présenter des excuses publiques.

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ATS