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Le groupe pharmaceutique Shire a annoncé mardi avoir fait une offre de 30 milliards de dollars (29 milliards de francs) sur la biotech américaine Baxalta, spécialisée dans les maladies rares. Celle-ci l'a rejetée en l'estimant sous-évaluée.

"Nous pensons que le projet d'union de Shire et Baxalta sera stratégiquement et financièrement intéressant pour nos deux groupes, permettant d'accélérer nos objectifs de croissance respectifs et de créer le groupe mondial leader dans les maladies rares", a expliqué le directeur général de Shire, Flemming Ornskov, dans un communiqué.

Basé à Dublin et coté à la Bourse de Londres, où son action a chuté de 5,85%, Shire a soumis cette offre le 10 juillet au conseil d'administration de son concurrent Baxalta.

Elle se présente sous la forme d'un échange d'actions: les actionnaires de Baxalta se verraient proposer en échange de chacun de leurs titres l'équivalent de 0,1687 action Shire. En l'espèce, ce sont des certificats de propriété d'actions (American depositary receipt, ADR).

Cette proposition valorise le titre Baxalta à 45,23 dollars, soit une prime de 36% par rapport au cours de clôture du titre lundi. A l'issue de la transaction, les actionnaires de Baxalta posséderaient quelque 37% de la nouvelle entité.

"Le conseil d'administration, en concertation avec ses conseillers juridiques et financiers, a examiné attentivement cette proposition et unanimement déterminé qu'elle n'était pas dans le meilleur intérêt des actionnaires", a réagi Baxalta.

Shire insiste

"La proposition de Shire sous-évalue de façon importante Baxalta", souligne le président du conseil d'administration Wayne Hockmeyer. La biotech américaine indique avoir fait savoir à Shire qu'elle ne pouvait engager les discussions sur les termes financiers proposés.

Prenant acte, Shire a décidé de plaider sa cause directement auprès des actionnaires. "Vous ne nous laissez pas d'autre choix que de rendre publique notre proposition à vos actionnaires. Nous pensons qu'ils ont le droit de pouvoir l'étudier", avance Flemming Ornskov.

Pour le responsable, la combinaison des deux sociétés créerait de la valeur dans un des domaines "les plus attractifs et à la croissance la plus dynamique de la pharmacie". Il estime qu'une fusion générerait 20 milliards de dollars de ventes de produits par an d'ici à 2020, contre environ 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel pour chacune des deux entreprises actuellement.

L'OPA de Shire sur Baxalta intervient dans un contexte de regroupement accéléré à l'oeuvre dans l'industrie pharmaceutique. Dernière opération géante en date, le leader mondial des médicaments génériques, l'israélien Teva, a annoncé fin juillet le rachat de l'activité générique du fabricant du traitement contre les rides Botox Allergan pour 40,5 milliards de dollars.

Un précédent raté

Baxalta est née de la scission du groupe pharmaceutique Baxter. Basée à Deerfield (Illinois) et employant 16'000 employés, elle commercialise des traitements contre des maladies rares, un type d'affections qui touchent un nombre restreint de personnes. Environ 80% de ces maladies ont une origine génétique.

Ses domaines de recherche et développement sont l'hématologie, l'oncologie et l'immunologie, des créneaux de croissance intéressant la plupart des grands laboratoires pharmaceutiques.

Shire, qui veut se mêler à la course à la taille, sort lui d'une déception: le groupe pharmaceutique américain Abbvie a renoncé récemment à fusionner avec le laboratoire britannique devant le durcissement aux Etats-Unis des règles contre les mariages entre entreprises motivés par des raisons fiscales.

Le titre de Baxalta a bondi de près de 12% à 37,10 dollars mardi à Wall Street, mais il était loin des 45,23 dollars par action proposés par Shire.

ATS