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Sites historiques transformés en camps de réfugiés après 1947

Sur cette photo d'époque, on voit que le fort de Purana Qila s'est alors transformé en un des plus grands camps de tentes érigés par ces réfugiés (archives). KEYSTONE/AP/MAX DESFOR sda-ats

(Keystone-ATS) La Partition de l’Inde, il y a tout juste 70 ans, a entraîné une des plus grandes migrations de l’Histoire moderne. Des habitants ont trouvé refuge dans d’anciens mausolées ou forts, transformés en camps de réfugiés.

Au total, ce sont plus de 15 millions de personnes qui ont été forcées à l’exode à la suite de l’indépendance de l’Inde, jusqu’alors colonie britannique, en 1947. Les musulmans ont émigré vers ce qui allait s’appeler Pakistan, les Hindous et les Sikhs ont pris la direction inverse.

Au moins un million a perdu la vie au cours de ces migrations. Les autres se sont retrouvés dans des camps insalubres, dans des villes surpeuplées, aux prises aux pénuries, pillages et violences.

A New Delhi, des dizaines de milliers de musulmans avaient trouvé refuge derrière les murs du site du tombeau de Humayun, datant du XVIème siècle, dans l’attente d’un moyen de fuir vers le Pakistan.

Des tentes avaient été érigées dans les beaux jardins entourant le spectaculaire mausolée, inspiré du Taj Mahal. Les fontaines s’étaient retrouvées, faute de toilettes, “si pleines d’excréments humains qu’elles avaient dû être comblées de sable”, écrit l’historienne Yasmin Khan dans son livre “La Grande partition”.

Archives digitalisées

New Delhi s’est rapidement retrouvée une population constituée pour près d’un tiers de réfugiés, arrivant de tout le pays, à pied, par train ou en charrette tirée par des chevaux. Le fort de Purana Qila s’est transformé en un des plus grands camps de tentes érigés par ces réfugiés. Le prestigieux Khalsa College s’est quant à lui retrouvé envahi par la communauté sikh.

Les images de ces camps de réfugiés sont aujourd’hui conservées aux Archives de la Partition de 1947. Et un nouveau musée, à Amritsar, dans le nord de l’Inde, a entrepris de digitaliser les archives de cette période.

Mais à New Delhi, aucun mémorial ou plaque dans ces lieux ne rappelle cette page sombre de l’Histoire du pays, dont le 70ème anniversaire est célébré mardi.

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