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Snapchat a acquis une grande popularité auprès des adolescents et des jeunes adultes grâce à ses messages qui disparaissent peu après avoir été vus par leurs destinataires, et revendique 168 millions d'utilisateurs quotidiens (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Snap, la maison-mère de la populaire messagerie mobile Snapchat, a officialisé jeudi son très attendu projet d'entrée en Bourse. Elle a en outre dévoilé ses comptes pour la première fois.

Dans le document publié jeudi sur le site internet du gendarme boursier américain (SEC), Snap se fixe l'objectif provisoire de lever jusqu'à 3 milliards de dollars.

Ce montant est uniquement utilisé pour l'instant afin de calculer les frais d'enregistrement. Il évoluera quand le nombre exact de titres et leur prix d'introduction sera fixé, mais il donne déjà une idée de l'importance de l'opération.

Snap mise sur une introduction en Bourse dès le mois de mars et pourrait alors être valorisé entre 20 et 25 milliards de dollars, selon des sources. Cela représenterait la valorisation la plus élevée pour une IPO dans le secteur des hautes technologies aux Etats-Unis depuis celle de Facebook, dont le service concurrent Instagram compte 600 millions d'utilisateurs actifs.

Ses premiers pas sur le marché seront d'autant plus suivis qu'ils pourraient servir à prendre la température et peut-être convaincre d'autres candidats potentiels pour Wall Street, comme Airbnb, Spotify ou Uber par exemple. Ces startups très en vue partagent en effet avec Snap des valorisations très élevées, dans lesquelles certains observateurs dénoncent une nouvelle "bulle" du secteur technologique.

Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, conseillait ainsi encore récemment de rester à l'écart de l'entrée en Bourse de Snapchat, à la valeur selon lui "hyper gonflée" comme avant lui Zynga, Groupon, FitBit ou GoPro, dont les performances boursières se sont avérées décevantes, ou pour les investisseurs spéculatifs de revendre les titres à la première occasion.

Nasdaq boudé

Vu le délai que l'entreprise doit désormais respecter avant d'entamer son "roadshow", la tournée officielle de présentation aux investisseurs qui précède l'entrée en Bourse, Snap est désormais en position pour faire ses premiers pas sur le marché en mars.

Comme Twitter ou Alibaba avant lui, Snap a préféré se lancer sur le New York Stock Exchange plutôt que sur la plateforme électronique Nasdaq. Celle-ci a longtemps été considérée comme une destination évidente pour les entreprises du secteur technologique, mais sa réputation a été écornée ces dernières années par une série de problèmes techniques.

Une autre décision surprenante de l'entreprise est son choix de mettre sur le marché des actions qui ne seront assorties d'aucun droit de vote. Cela permettra de maintenir le contrôle effectif de Snap aux mains de ses co-fondateurs Evan Spiegel (directeur général) et Bobby Murphy (directeur technique), qui se partagent aujourd'hui 88,6% des droits de vote. Toutefois ce qui ne s'était encore jamais vu pour une introduction en Bourse à Wall Street pourrait susciter la défiance de certains investisseurs.

Hausse des utilisateurs

Le groupe basé à Los Angeles a annoncé avoir réalisé un chiffre d'affaires 2016 de 404,5 millions de dollars, contre 58,7 millions en 2015, avec une augmentation de 48% de son nombre d'utilisateurs actifs à 158 millions. Malgré cette forte croissance, l'exercice s'est soldé par une perte de 514,6 millions de dollars à comparer à un résultat négatif de 372,9 millions en 2015.

Snapchat a acquis une grande popularité auprès des adolescents et des jeunes adultes grâce à ses messages qui disparaissent peu après avoir été vus par leurs destinataires, et revendique 168 millions d'utilisateurs quotidiens. Il est considéré par beaucoup d'analystes comme l'ennemi numéro un pour Facebook, justement en raison de sa capacité à lui "voler" ce jeune public très recherché.

L'entreprise d'Evan Spiegel avait aussi lancé l'an dernier des lunettes connectées et équipées d'une caméra miniature ("Spectacles"). La société qui a triplé ses effectifs l'an dernier à 1859 salariés avait décidé à cette occasion de se rebaptiser Snap afin de montrer qu'elle ne se limitait plus à un seul produit.

ATS

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