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Les agents ont découvert chez l'homme interpellé le matériel nécessaire à fabriquer un cocktail molotov (archives).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Les circonstances de l'arrestation à Lausanne et Aubonne (VD) de trois présumés terroristes se précisent. Seul l'un d'entre eux reste en prison. Les deux autres ne se connaissent pas. L'homme interpellé à Aubonne nie toute implication dans des activités djihadistes.

Le seul prévenu encore en prison est un Suisse d'origine serbe âgé de 33 ans. Le 23 juin dernier, dans l'après-midi, il casse la baie vitrée de l'hôtel de Vidy où il loge depuis quelque temps. Il tient des propos incohérents. La police l'interpelle et fouille sa chambre.

Les agents découvrent tout le matériel nécessaire à fabriquer un cocktail molotov, a dit mercredi à l'ats Me Sébastien Thüler, confirmant des informations de la RTS et "20 minutes". Ils y trouvent aussi un coran, des plans de villes suisses, un "manuel du guérillero urbain" et d'anciens billets d'avion pour la Turquie et l'Egypte.

A ce stade de l'enquête, qui n'en est qu'à son début, le tribunal vaudois craint que l'homme ne soit entré dans un processus de radicalisation. Il ordonne sa mise en détention provisoire. L'enquête est ensuite confiée au Ministère public de la Confédération, qui ne fait pas de commentaire.

Homme perturbé

Les liens du prévenu avec l'homme interpellé le lendemain sur un parking d'Aubonne seraient ténus. Selon son avocat, ce deuxième homme, un Russe d'origine tchétchène, a surtout cherché à l'aider à se remettre du départ de sa femme, qui l'a laissé assez perturbé.

Ce Russe de 31 ans vit et travaille dans le canton de Vaud. Il est entré dans le collimateur de la police car il a laissé huit appels en absence sur le téléphone du Suisse, le soir de son arrestation.

Invité à manger ce soir-là

Son avocat, Me Thüler, a une explication: les deux hommes se connaissent un peu pour avoir fréquenté ensemble le gymnase du soir. "Pour lui changer les idées, il l'avait invité à manger ce soir-là. Comme il n'était pas au rendez-vous, il a cherché à le joindre plusieurs fois", a-t-il dit.

Selon la police, l'homme connaît un compatriote soupçonné de propagande djihadiste. L'avocat confirme qu'il connaît cet individu, mais qu'il ignorait tout de sa radicalisation. "Mon client essaie de mener une vie sérieuse et correcte en Suisse", a ajouté Me Thüler.

Il a passé cinq jours en détention, comme la troisième personne arrêtée le même jour à Lausanne puis relâchée. Il ne comprend pas pourquoi il a été interpellé de manière aussi violente sur un parking bondé, un samedi après-midi, devant sa femme et ses enfants âgés de deux et quatre ans.

"J'ai demandé ce qui a justifié une arrestation aussi intense. Je n'ai toujours pas de nouvelles. Je ne comprends pas pourquoi on ne l'a pas simplement convoqué pour être entendu. En l'état du dossier, cela me paraît disproportionné", ajoute l'avocat, qui pense demander réparation.

ATS