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Trafic de marchandises: pour un transfert au rail immédiat

Avec l'inauguration du tunnel du Ceneri, la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) est achevé. KEYSTONE/STF sda-ats
Ce contenu a été publié le 03 septembre 2020 - 11:21
(Keystone-ATS)

Le trafic de marchandises doit être transféré sur-le-champ au rail: Initiative des Alpes et CIPRA ont organisé une action au portail nord du tunnel du Ceneri pour exprimer cette revendication. L'ATE veut elle que les transports passagers en Europe soient modernisés.

La Suisse doit agir plus résolument pour mettre fin au "volume illégal de courses de transit dans les Alpes", demandent la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA) et l’Initiative des Alpes jeudi dans un communiqué.

Les ministres européens des transports réunis actuellement au Tessin sont appelés à "délibérer plus efficacement" pour l’introduction d’une directive paneuropéenne sur les coûts d’infrastructure, sur le modèle de la redevance douanière suisse RPLP.

"Plus d'excuse"

La nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA), pièce maîtresse du trafic de marchandises ferroviaire européen, est achevée avec l'inauguration du tunnel du Ceneri, soulignent les deux organisations. Stimulée par l’adoption, en 1994, de l’initiative des Alpes visant à limiter le trafic de transit, la Suisse y a investi 24 milliards de francs.

Il n’y a donc désormais plus d’excuses. Les ministres européens doivent créer des incitations communes qui stimuleront l’exploitation des nouvelles capacités de transport.

Aujourd’hui encore 900'000 poids lourds traversent les Alpes suisses. Or, selon la volonté du peuple, ce nombre n’aurait plus dû dépasser 650'000 dès 2018.

Redevance uniforme paneuropéenne

En Suisse, la RPLP doit être révisée afin d’y inclure les coûts externes et un élément climatique, actuellement pas pris en compte dans le calcul de la redevance. Des progrès sont également nécessaires au niveau européen. Les entreprises de logistique tiennent en effet compte des exigences de chaque pays traversé dans leurs considérations des coûts.

Pour Jon Pult, président de l'Initiative des Alpes, "les solutions isolées existantes doivent être uniformisées et les redevances basées sur le principe du pollueur-payeur et donc augmenter nettement. C’est ce qu’ont proposé la Commission et le Parlement européens."

Pour l’Initiative des Alpes et la CIPRA, le fait que les véhicules à propulsion alternative soient exemptés de cette taxe est inacceptable et contredit le principe du pollueur-payeur. En effet, même sans émettre de CO2, ils sont également sources de bruit, d’embouteillages et de coûts d’infrastructure.

Les ministres des transports des pays voisins sont aussi appelés à développer des voies d’accès efficaces à la liaison ferroviaire suisse à travers les Alpes.

Modernisation nécessaire

L'Association transports et environnement (ATE) demande pour sa part au Conseil fédéral de s'investir pour la modernisation des transports ferroviaires en Europe. Elle a déposé jeudi la pétition "1 voyage - 1 billet pour toute l'Europe" en ce sens.

Les quelque 6400 signataires réclament "de simplifier la vente des titres de transport, d’améliorer le service à la clientèle, d’accroître l’offre en trains de nuit, de mieux soutenir le rail et d’abolir les privilèges accordés aux transports aériens", précise l'ATE dans un communiqué. La priorité est la vente de billets de train dans toute l'Europe. Cela devrait pouvoir se faire simplement en quelques clics sur Internet, estime l'ATE.

Les deux tiers des Suisses souhaiteraient voyager plus souvent en train de nuit. L'offre n'est cependant pas suffisante. Afin d'atteindre les objectifs climatiques, la Suisse doit "opérer un transfert des transports aériens internationaux sur le rail", selon le communiqué.

L'ATE demande également la fin des "privilèges fiscaux des transports aériens". 81% des voyages au départ de la Suisse se font en avion et ce même si le pays est au centre de l'Europe. Ces vols sont responsables de près de 20% de l’impact climatique de la Suisse, indique l'association, qui souligne encore que les voyages en avion à bas prix ne sont possibles que grâce aux subventions et aux allégements fiscaux.

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