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La réforme de la prévoyance vieillesse concernera tout le monde, y compris les retraités. Le Conseil des aînés soutient le projet (image symbolique)

KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF

(sda-ats)

La réforme des retraites soumise au peuple le 24 septembre est un compromis équitable et surtout indispensable pour assurer le financement des rentes à venir. Un comité bourgeois a lancé vendredi sa campagne de votation à Berne.

Avec l'évolution démographique et l'augmentation de l'espérance de vie, le financement du système ne sera bientôt plus assuré. Les personnes actives financent déjà les rentes des retraités à hauteur de 1,3 milliard de francs.

Depuis 20 ans, tous les projets de réforme d'envergure ont toutefois échoué, car chaque camp politique a campé sur ses positions, a rappelé l'ancienne conseillère aux Etats Christine Egerszegi (PLR/AG). Il faut sortir de cette guerre de tranchées. Sinon le déficit de l'AVS dépassera les 40 milliards en 2035 et les rentes risquent de ne plus pouvoir être versées.

Aucune réforme ne parviendra à avantager tout le monde, a averti le comité. Mais le compromis soumis au peuple est équitable et social. Ne rien faire serait la solution la plus chère de toutes, a averti la conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG).

Femmes à contribution

Les femmes devront payer un lourd tribut en travaillant jusqu'à 65 ans comme les hommes. Mais l'accès au 2e pilier, dont un demi-million d'entre elles ne dispose pas, sera facilité. Les bas salaires et le travail à temps partiel seront mieux assurés, a relevé la conseillère nationale Maja Ingold (PEV/ZH)

Les femmes toucheront aussi le bonus AVS de 70 francs prévu pour tous les nouveaux rentiers. Celles qui sont mariées profiteront en outre du relèvement de la rente AVS de couple à 155% au lieu de 150% d'une rente individuelle.

Dans le deuxième pilier, le taux de conversion du capital en rente sera progressivement ramené de 6,8% à 6%. Selon le conseiller national Thomas Weibel (PDC/ZH), le Parlement a toujours su que le peuple ne consentirait à une baisse si forte que dans le cadre d'un paquet global avec des compensations. En 2010, les Suisses ont sèchement dit non à une baisse isolée du taux de conversion à 6,4%.

Aussi bon que possible

Selon le comité, les compensations proposées sont aussi bonnes que possible. Comme tout le monde, les jeunes devront cotiser plus pour assurer leur rente. Mais cette génération a tout intérêt à mettre un terme rapidement au financement des rentiers par les actifs.

Les personnes d'au moins 45 ans en 2019 ne pourront pas rattraper leur retard de cotisations. Elles verront néanmoins leur rente garantie par un fonds spécial pour le 2e pilier.

Pour Mme Egerszegi, le bateau n'est pas trop chargé. Les rentes de veuve ne seront pas réduites, l'âge de référence de la retraite ne sera pas relevé automatiquement à 67 ans en cas de problèmes financiers et les cotisations salariales des indépendants resteront à leur niveau actuel.

Financement équitable

Le financement prévu est équitable. Tout le monde y contribuera via une hausse de la TVA de 0,6%. Les consommateurs n'en ressentiront pas la première moitié, car elle prendra le relais d'une contribution temporaire à l'AI qui s'achève fin 2017. La TVA ne grimpera véritablement de 0,3% qu'à partir de 2021, ce qui rapportera 2,14 milliards de francs par an à l'AVS.

Un "non" à la réforme priverait l'assurance de cette somme, mais coûterait aussi 300 à 400 millions de francs à l'économie et aux PME. Les entreprises devraient en effet abaisser le taux à 7,7% dès le 1er janvier 2018, a rappelé Lorenz Hess (PBD/BE).

Rentiers d'accord

Les rentiers sont prêts à faire un effort sur la TVA et soutiennent la réforme. Les rentes actuelles sont garanties et aucune mesure n'aura d'impact sur elles, a souligné Roland Grunder, co-président du Conseil suisse des aînés.

Les employeurs, qui devront verser plus de cotisations salariales, sont divisés. Les plus grandes organisations interprofessionnelles romandes soutiennent le projet, a déclaré Christophe Reymond, directeur général du Centre patronal. Davantage d'économies auraient été souhaitables, mais c'est un premier pas vers l'assainissement du système et un succès populaire semble possible.

Au Parlement, la réforme est passée sur fil. Elle a été soutenue par la gauche, le PDC, le PBD et le PVL. L'UDC et le PLR l'ont rejetée.

ATS