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Un mort au cours de manifestations pro et anti-Ortega au Nicaragua

Les manifestants, visages dissimulés derrière des foulards et arborant le drapeau national, ont parcouru les rues de la capitale Managua.

KEYSTONE/EPA EFE/ESTEBAN BIBA

(sda-ats)

Opposants et partisans du président du Nicaragua Daniel Ortega ont manifesté samedi à travers le pays. Un manifestant pro-Ortega a été tué par après avoir reçu un tir dans le dos lors d'une marche anti-gouvernementale qui défilait devant la mairie de Matagalpa (nord).

La victime est Lénine Mendiola, fils d'un leader historique du parti sandiniste au pouvoir, selon un communiqué de la police. Des médias opposés au pouvoir ont également rapporté des incidents à Matagalpa et affirmé que des paramilitaires liés au pouvoir ont tiré sur des manifestants, sans préciser s'ils avaient fait des victimes.

Des marches se sont également déroulées à Managua, Leon (nord-ouest) et Juigalpa (est). Dans la capitale, deux manifestations, pro et anti-Ortega, étaient organisées. Elles sont parties à moins d'une demi-heure d'intervalle et se sont déroulées à moins de deux kilomètres l'une de l'autre.

Libération des prisonniers

La "marche bleue et blanche", aux couleurs du drapeau du Nicaragua, a réuni des dizaines de milliers d'opposants à Daniel Ortega qui ont scandé, le visage dissimulé derrière des foulards, "Liberté", "Halte aux détentions illégales", "liberté pour les prisonniers politiques".

Non loin de là, une marée de drapeaux sandinistes rouges et noirs a marché au nord de la ville avec des slogans de soutien à M. Ortega et son épouse et vice-présidente Rosario Murillo. Quelques incidents mineurs se sont produits entre les forces de l'ordre et les manifestants venus demander la libération de dizaines de personnes, détenues depuis le début des manifestations contre le pouvoir.

Les détenus sont en majorité des dirigeants étudiants, des agriculteurs et des militants d'organisations de la société civile, accusés de "terrorisme" et de "crime organisé".

Un des plus connus est le leader paysan Medardo Mairena, à la tête du mouvement contre le projet de canal interocéanique, arrêté à l'aéroport alors qu'il se rendait aux Etats-Unis. Il est également membre de l'Alliance civique, qui participe au dialogue - actuellement en panne - avec le gouvernement et fait l'objet d'une procédure judiciaire à huis clos pour terrorisme et crime organisé.

Soutien à Ortega

Les opposants au président Daniel Ortega, 72 ans dont onze au pouvoir, l'accusent de corruption, de népotisme et d'avoir instaurer une dictature avec son épouse Rosario Murillo.

De leur côté, les manifestants pro-gouvernementaux ont défilé au rythme de chants sandinistes. "Nous venons ici pour exiger que justice soit rendue, que les terroristes paient pour les dommages qu'ils ont causés au pays", a expliqué Lala Pineda, une commerçante de 47 ans. Dans la rhétorique sandiniste, le terme de "terroristes" désigne les opposants.

Les manifestations de l'opposition ont commencé le 18 avril contre une réforme de la sécurité sociale - abandonnée depuis. Elles se sont ensuite durcies et étendues à tout le pays en réaction à une violente répression qui a fait 317 morts selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) et 197 selon les autorités.

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