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La demande du détenu pose des questions aussi bien aux autorités qu'à Exit (archives).

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

Un homme de 64 ans interné dans une prison du canton de Berne aimerait mettre fin à ses jours avec l'aide d'Exit. Sa demande pose des questions aussi bien aux autorités qu'à l'organisation d'aide au suicide.

Exit a informé le détenu que sa demande sera prise au sérieux. Mais son cas comporte des circonstances spéciales qui doivent être clarifiées.

C'est l'organisation d'entraide pour les prisonniers et les marginalisés Reform91 qui a rendu publique la demande. Son président Peter Zimmermann s'est exprimé dans les médias avec l'accord du détenu.

Cadre juridique lacunaire

Le quotidien Bund a rapporté dans son édition de vendredi cette demande d'aide au suicide, que l'agence Keystone-ATS a également reçue. Exit n'a cependant pas voulu commenter davantage le dossier, précisant ne pas donner de détails sur les cas individuels.

Interrogé samedi dans le "19:30" de la RTS, le vice-président d'Exit Suisse romande Pierre Beck a indiqué qu'un détenu de la prison genevoise de Champ-Dollon, gravement malade, avait fait une demande similaire il y a un an environ. "Nous n'avons pas pu entrer en matière", a-t-il ajouté.

L'Office de l'exécution judiciaire (OEJ) du canton de Berne a déclaré n'avoir reçu aucune demande spécifique d'aide au suicide. L'adjoint du chef de l'OEJ Laszlo Polgar a précisé que la loi ne réglemente pas encore les cas où les détenus souhaitent recourir à l'aide au suicide.

La politique du risque zéro appliquée actuellement fait que les détenus restent plus longtemps emprisonnés, a ajouté M. Polgar. Les lois devront à l'avenir prendre en compte cet aspect. Mais, selon lui, il ne serait certainement pas possible pour un détenu d'échapper à sa peine en recourant au suicide.

Demande fondée sur trois raisons

Dans sa demande formulée à l'organisation d'aide au suicide, le détenu écrit que sa vie ne vaut plus la peine d'être vécue pour trois raisons. D'abord, il souffre d'une maladie pulmonaire incurable et qui va s'aggravant. Deuxièmement, les médecins ont diagnostiqué depuis des années chez lui un trouble mental grave également incurable.

Troisièmement, le canton de Berne lui refuse des sorties accompagnées depuis plusieurs années, ne respectant ainsi pas une décision de la Cour suprême bernoise. Le prisonnier assimile ce refus à de la "torture psychologique", qui le prive de toute "perspective d'avenir".

Le détenu en question avait déposé en 2016 une plainte contre l'OEJ de son canton devant la Cour suprême bernoise. Le tribunal lui avait donné raison. Il avait jugé que l'Office avait refusé à tort des vacances à l'homme.

Pratique restrictive

Le prisonnier avait voulu rencontrer sa mère alors âgée de 86 ans, qui vit en Autriche et qui ne pouvait pas se rendre en Suisse. La Cour suprême a critiqué dans son arrêt la pratique restrictive de l'OEJ bernoise en matière de vacances. Le détenu dit n'avoir jamais pu rencontrer sa mère lors d'une de ses sorties.

Pour des raisons de protection des données, l'OEJ n'a pas souhaité commenter cette affirmation. Il ne souhaite pas s'exprimer sur des cas particuliers. Interrogé sur la question de savoir si le détenu voulait faire pression pour obtenir des vacances, M. Zimmermann a déclaré que l'homme va effectivement mal. Sa demande d'aide au suicide est à prendre très au sérieux.

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ATS