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Un temple de 3000 ans endommagé par les raids aériens turcs en Syrie

Le site d'Aïn Dara, découvert en 1982, est célèbre pour "ses lions en basalte, imposants et exceptionnels, et des fresques sculptées dans la pierre". Wikipedia sda-ats
Ce contenu a été publié le 28 janvier 2018 - 17:56
(Keystone-ATS)

Un temple néo-hittite vieux de 3000 ans a été endommagé par les frappes aériennes turques dans le nord de la Syrie, a rapporté dimanche une ONG. Un expert archéologique a déploré une "catastrophe" similaire aux ravages causés à Palmyre.

Le temple d'Aïn Dara, qui date de "l'ère araméenne" (environ 1300-700 avant J.-C.), se trouve dans l'enclave d'Afrine, cible depuis plus d'une semaine d'une offensive turque. Il a été touché vendredi par des frappes aériennes, a précisé l'observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "L'ampleur des destructions est de 60%", estime le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le site de 50 hectares, découvert en 1982, est célèbre pour ses "lions en basalte, imposants et exceptionnels, et des fresques sculptées dans la pierre", explique Maamoun Abdelkarim, ancien directeur général des Antiquités et Musées de Syrie. Pour lui, "trois mille ans de civilisation (ont été) détruits en une frappe aérienne".

Condamnant "les attaques turques contre les sites archéologiques d'Afrine", la Direction générale des Antiquités et Musées a confirmé dans un communiqué "la destruction du temple d'Aïn Dara, l'un des édifices archéologiques les plus importants construits par les Araméens en Syrie".

Le précédent de Palmyre

En Syrie ravagée depuis 2011 par une guerre meurtrière, Ankara a lancé le 20 janvier une opération militaire avec des rebelles syriens alliés. L'objectif: chasser la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) de la région frontalière d'Afrine.

M. Abdelkarim n'hésite pas à comparer la destruction du temple d'Aïn Dara aux ravages infligés en 2015 par le groupe Etat islamique (EI) à la ville de Palmyre, site antique de plus de 2000 ans inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Les djihadistes avaient notamment détruits à coups d'explosifs le temple de Bêl.

"La destruction du temple d'Aïn Dara, c'est le même niveau d'atrocité que le temple de Bêl", déplore M. Abdelkarim, précisant que le premier a été érigé huit siècles avant le second.

Patrimoine en péril

L'expert s'inquiète des combats provoqués par l'offensive turque dans le secteur de Jabal Samaan, où se trouvent des villages antiques datant du début du christianisme inscrits en 2013 sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le site internet de l'Unesco, "ces villages, qui datent du Ier au VIIe siècles, offrent un paysage et des vestiges particulièrement bien conservés: maisons d'habitation, temples païens, églises, citernes collectives, thermes".

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