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Yannick Buttet démissionne de la vice-présidence du PDC Suisse

Jusqu'à nouvel avis, Yannick Buttet se retire de ses fonctions électives, tant comme conseiller national que comme président de commune (archives). Keystone/ANTHONY ANEX sda-ats
Ce contenu a été publié le 04 décembre 2017 - 16:38
(Keystone-ATS)

Yannick Buttet se retire temporairement de ses fonctions de conseiller national pour suivre un traitement médical afin de maîtriser sa consommation d'alcool. Il démissionne en outre de son poste de vice-président du PDC Suisse, dont il était suspendu depuis vendredi.

"Après mon rétablissement, je discuterai avec mon parti cantonal de la poursuite de mon mandat de conseiller national", a précisé Yannick Buttet dans un communiqué envoyé lundi par son avocat. Jusqu'à nouvel avis, il se retire de toutes ses fonctions électives, ce qui vaut aussi pour son poste de président de la commune de Collombey-Muraz (VS).

Dans ce communiqué de presse court et concis, M. Buttet fait à nouveau fait part de ses regrets. "Je tiens à apporter mes profondes excuses à mon épouse, à ma famille et aux personnes qui ont été blessées par mon comportement inapproprié, y compris mes collègues du parti", a-t-il souligné.

"A partir de cette date, M. Buttet est inscrit comme malade et suit une cure", a indiqué pour sa part à l'ats Andreas Meili, son avocat. "Tant qu'il ne sera pas guéri, il n'exercera pas ses fonctions de conseiller national et de président de commune."

Discussion à venir

Le PDC suisse a confirmé dans l'après-midi le retrait de Yannick Buttet de la vice-présidence du parti. Une mesure qui entre en vigueur avec effet immédiat, précise-t-il dans son communiqué.

Dans la matinée, M. Buttet a personnellement informé le président du parti Gerhard Pfister de sa démission. Il n'a pas pu assister à la réunion le jour même avec la présidence, qui l'invitera dès que possible pour une discussion, ajoute encore le PDC dans son communiqué.

Une crise conjugale

Le Valaisan réagit ainsi à une information du quotidien Le Temps qui révélait jeudi dernier que Yannick Buttet fait l'objet d'une plainte après avoir été interpellé par la police, une nuit de novembre, dans le jardin d'une ex-maîtresse, à Sierre (VS). M. Buttet, qui a reconnu les faits, avait alors insisté longuement pour qu'elle ouvre la porte du bâtiment. La femme avait appelé les forces de l'ordre.

M. Buttet et la plaignante ont entretenu une relation extraconjugale par le passé. Depuis la fin de leur aventure, M. Buttet l'aurait sollicitée "par sms, e-mail ou téléphone", et "parfois jusqu'à 50 fois dans la même journée", précisait le quotidien.

Les médias évoquent également "d'autres actes inappropriés" dont ont fait part plusieurs journalistes et politiciennes actives à Berne, citées anonymement. M. Buttet s'en est justifié en affirmant qu'il sortait d'une grave crise conjugale ayant affecté son jugement et son comportement.

Il a dit prendre désormais conscience qu'il a eu des gestes inappropriés ayant pu déranger ou heurter certaines personnes. Selon lui, les épisodes à Berne se sont produits en soirée et sous l'effet de l'alcool, dans une période de doute.

"Volonté sincère"

Le PDC du Valais romand a aidé son conseiller national Yannick Buttet à y voir plus clair dans la tempête des événements de ces derniers jours. Contacté par l'ats lundi, son président Serge Métrailler salue l'engagement de M. Buttet à vouloir se soigner. "Je sens chez lui une volonté sincère."

Selon lui, la politique n'est pas le problème aujourd'hui, ni de savoir si Yannick Buttet sera candidat aux prochaines élections ou si le PDC va perdre des plumes dans cette affaire. Le parti cantonal assure qu'il ne cherche pas à gagner du temps. Il ne veut pas mettre son élu sous pression.

Comme il n'existe pas de système de suppléant, personne ne remplacera M. Buttet au Conseil national pendant son congé maladie. Son avenir politique reste en question. L'intéressé a affirmé dans les médias qu'il démissionnerait s'il était condamné par la justice.

D'abord suspendu

Yannick Buttet avait informé son parti de la plainte pendante contre lui la veille de la parution des révélations à son sujet. Le lendemain, le président du PDC s'était entretenu avec lui et avait accepté sa demande de suspension de la vice-présidence du parti.

M. Pfister avait aussi indiqué que la question d'une démission du Conseil national devait être discutée dans les prochains jours. De son côté, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a réagi en affirmant, la semaine passée déjà, que les comportements comme ceux qu'a eus M. Buttet sont "inacceptables pour la politique".

Depuis les révélations, M. Buttet a réitéré plusieurs fois ses excuses mais réfuté la qualification de "harceleur". Vendredi encore, il contestait le fait que son comportement soit préjudiciable au PDC.

Le Ministère public du canton du Valais a pour sa part ouvert d'office une instruction pour violation du secret de fonction. Les informations parues dans la presse concernant la plainte provenaient de personnes initiées, issues de la police ou du Ministère public.

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