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Un Suisse sur six souffre de douleur chronique

En Suisse, 19% des personnes souffrant de douleurs sont diagnostiquées dépressives.

(Keystone)

En Suisse, 32% des ménages sont confrontés au problème de la douleur et une personne sur six (16%) souffre de douleurs chroniques

Révélés par une étude européenne et présentés mardi à Berne, ces résultats brisent un tabou.

«Le problème est plus important que ce que les médecins et la société voudraient bien accepter», a déclaré Ulrich W. Büttener, directeur de la clinique neurologique d'Aarau, lors de la présentation de cette étude européenne.

Pour échapper à leurs douleurs, 200'000 personnes songent même au suicide. Un tiers (31%) des patients avouent ne parfois plus supporter la douleur et près de 40% affirment souffrir en permanence.

«Il en résulte une certaine résignation», a commenté Uwe Freisens de l'institut d'études de marché NFO WordlGroup, qui a réalisé l'étude.

La douleur reste un tabou

Neuf médecins sur dix n'ont jamais effectué de réel diagnostic de la douleur sur les patients atteints. Près de la moitié des personnes concernées (43%) s'estiment d'ailleurs seules avec leurs maux.

Ce sentiment d'isolement est presque deux fois plus prononcé en Suisse qu'en moyenne européenne (26%).

Pour Uwe Freisens, cet isolement s’explique parce que la douleur est une sorte de tabou. «On ne parle pas beaucoup de ça en Suisse, peut-être que les gens craignent de dire qu’ils prennent des médicaments et que cela n’ait des conséquences pour eux», a-t-elle notamment expliqué à swissinfo.

Améliorer la communication

«La communication entre le médecin et le patient doit être améliorée», a souligné le rhumatologue Markus Felder. Trop de personnes (28%) n'ont jamais entendu parler des nouveaux traitements existants.

Deux tiers des patients concernés (68%) sont extrêmement ou très satisfaits des médecins qui traitent leurs douleurs mais 75% pensent que leur traitement n'est pas toujours adapté.

Le médecin reste la dernière personne à laquelle ils peuvent parler, mais lorsque les douleurs persistent, les malades doutent du traitement, a analysé M. Freisens.

La prise de médicaments sur ordonnance est sporadique: 27% des patients n'en prennent jamais et 29% ont abandonné leur traitement.

«C'est vraiment beaucoup, la Suisse doit faire un effort de rattrapage», a constaté le vice-directeur de l'Office fédéral des assurances sociales Fritz Britt.

Former le personnel médical

L'accent doit être mis sur l'information du patient mais aussi sur la formation des médecins et du personnel soignant, a réclamé M. Britt. Les études de médecine ne comportent toujours pas de volet consacré au traitement de la douleur.

Pour le docteur Felder, la formation devrait s'adresser aux assistants, car ces jeunes médecins ont déjà l'expérience du contact avec les patients.

Le professeur Büttner aimerait une formation certifiée par la FMH, mais «c'est très difficile». Les organisations de patients plaident aussi pour un cursus reconnu, a indiqué leur représentant, Jean-François Steiert.

Dimension politique

Le problème a un enjeu politique. «Les résultats de l'enquête pour la Suisse sont très moyens, or le pays possède le système de santé le plus cher d'Europe.

Il devrait donc être le meilleur d'Europe», a plaidé l'économiste Willy Oggier, de la Société suisse pour la politique de la santé, organisatrice de la conférence.

«Cette question affecte tous les secteurs de la vie, ajoute Uwe Freisens. Le plus grave, ce sont les gens qui sont diagnostiqués dépressifs alors qu’ils souffrent de douleurs chroniques. En Suisse, cela concerne 19% des cas.

Ou alors, ajoute le spécialiste, les gens perdent leur travail alors qu’ils souffrent, et c’est le cas là aussi de près de 20% des personnes concernées.

Faire des économies

La candidate radicale (droite) au gouvernement, Christine Egerszegi estime que les réponses au problème soulageront les assurances sociales, comme l'assurance invalidité.

Toutes les douleurs chroniques ne pourront toutefois être éradiquées, a prévenu le professeur Büttner. Une partie ne pourront qu'être soulagées.

La décharge économique du système de santé pourrait ainsi être relative. Si un traitement contre la douleur apporte quelque chose à la personne et à la société, il doit être pratiqué, même s'il coûte quelque chose à l'assurance maladie, a néanmoins jugé le vice-directeur de l'OFAS.

swissinfo et les agences

Faits

L'enquête «Douleur en Europe» a été menée auprès de 46'000 personnes dans 16 pays d'Europe entre octobre 2002 et juin 2003.
En Suisse, 3000 personnes ont répondu à un questionnaire et 300 victimes de douleurs chroniques ont participé à une enquête détaillée.

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