Navigation

Une équipe italo-suisse part lundi pour le Mont Rose

Ce contenu a été publié le 30 avril 2021 - 20:04
(Keystone-ATS)

Une équipe italo-suisse de chercheurs entame lundi une mission sur le Mont Rose. Objectif: extraire une "carotte" glaciaire jusqu'à 80 mètres de profondeur sur le glacier du Gorner.

Le glacier du Gorner est le deuxième plus grand glacier des Alpes (40 kilomètres carrés) et atteint une épaisseur maximale de 80 mètres. Cette expédition s'inscrit dans le cadre du projet international Ice Memory, qui vise à recueillir des informations sur l'environnement et le climat des 10'000 dernières années.

Le centre de recherche suisse Paul Scherrer, le Conseil national de la recherche italien (CNR) et l'université Ca' Foscari de Venise participent au projet. Le Mont Rose est le glacier le plus étudié pour la qualité des données qu'il livre. En cas de succès, la carotte glaciaire sera transférée en Antarctique pour la recherche.

Les chercheurs vont d'abord s'acclimater pendant deux nuits au refuge Gnifetti, avant de rejoindre mercredi, si la météo le permet, le col Gnifetti, à 4500 mètres d'altitude, pour préparer et commencer le carottage.

L'augmentation de la température mondiale met en péril ce patrimoine scientifique. L'année dernière, en septembre, des chercheurs ont dû interrompre leur carottage sur le glacier du Grand Combin. La présence d'eau à 20 mètres de profondeur a probablement empêché d'extraire l'échantillon.

Archives glaciaires

Lancée en 2015 par des glaciologues français et italiens, le programme Ice Memory prévoit de forer une vingtaine de glaciers au cours des deux prochaines décennies avec, déjà, des premiers forages en France, en Bolivie et en Russie. Les échantillons sont ensuite conservés dans une cave creusée sous la neige en Antarctique.

Les hauts plateaux de l'Antarctique, où il règne en principe des températures inférieures à -50° Celsius, sont considérés comme l'un des congélateurs naturels les plus fiables de la planète. La Suisse est impliquée dans ce projet, soutenu entre autres par l'UNESCO.

L'objectif des scientifiques est de constituer en Antarctique une sorte de bibliothèque mondiale d'archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique, pour donner aux générations futures la possibilité d'étudier les conditions environnementales et les variations climatiques du passé.

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.