Le G8 condamne les attentats de Londres
Plusieurs explosions ont visé jeudi matin la capitale britannique. On déplore de nombreuses victimes, dont des morts. Tony Blair parle d’attentats terroristes.
Réunis à Gleneagles, en Ecosse, les représentants des huit pays les plus industrialisés de la planète (G8) dénoncent ces «actes barbares». La Suisse exprime sa solidarité.
Plusieurs déflagrations ont frappé jeudi matin le système de transports en commun dans le centre de Londres. Le premier ministre britannique Tony Blair a déclaré que ces explosions étaient dues à «une série d’attaques terroristes».
Un groupe jusqu’ici inconnu (Al-Qaïda en Europe) a d’ailleurs revendiqué cette série d’explosions en représailles contre l’engagement militaire de la Grande-Bretagne en Irak et en Afghanistan.
Des morts et des blessés sont à déplorer, a précisé Tony Blair en marge du sommet du G8 à Gleneagles. Le premier ministre britannique a d’ailleurs quitté le sommet pour se rendre à Londres.
Présent à Gleneagles, le président américain George W. Bush a affirmé que la guerre contre le terrorisme continuait et son homologue français Jacques Chirac a appelé à la poursuite du combat contre ce qu’il a qualifié de fléau.
Au Vatican, le pape Benoît XVI a quant à lui qualifié les attentats de Londres d’«actes barbares contre l’humanité».
De nombreuses victimes
Dans la capitale britannique, on déplore de au moins 33 morts et plus de 340 blessés selon la police.
Selon les enquêteurs, des «signes d’explosifs» ont été retrouvés sur l’un des sites des explosions.
Sur place, le bâtiment d’UBS sur Liverpool Street notamment a été évacué après les explosions, contrairement à celui de Swiss Re par exemple.
«Nous prenons les choses très au sérieux et respectons les consignes des autorités de Londres. Nous avons 900 employés ici à notre siège», a indiqué à swissinfo Samantha Whiteley, du département communication du réassureur.
«Nous sommes en contact avec l’ambassade de Suisse à Londres et suivons de près la situation», indique pour sa part Ivo Sieber, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères qui a mis sur pied une cellule de crise.
Solidarité des autorités suisses
Exprimant sa solidarité envers le peuple britannique et toutes les personnes touchées par ces explosions, le président de la Confédération estime que si la Suisse n’est pas au centre de l’attention, cela pourrait changer du jour au lendemain.
«Nous ne pouvons plus dormir naïvement sur nos deux oreilles», a déclaré Samuel Schmid. Londres craignait des attaques terroristes depuis longtemps et l’Allemagne d’ailleurs aussi, alors que ce pays n’a pas participé aux côtés des Etats-Unis à la guerre en Irak, a relevé le président.
Il s’agit d’une lutte contre un système, or la Suisse en fait partie. Des sociétés britanniques ou américaines pourraient aussi être visées dans notre pays, a aussi estimé Samuel Schmid.
Pour ce dernier, «toutes les mesures de sécurité prises en Suisse sont malheureusement plus que justifiées».
Réactions des marchés financiers
Les bourses européennes ont fortement réagit à ces explosions. L’indice Swiss Market Index (SMI) des valeurs vedettes a plongé de plus de 3% en fin de matinée avant de se reprendre.
En toute logique, les valeurs des assurances ont été particulièrement touchées. Swiss Re et Zurich Assurance ont perdu jusqu’à 5,2%, Bâloise 4,1%, Swiss Life et Converium 4%. Les tours opérateurs ont eu aussi souffert, Kuoni flanchant par exemple de 3,8%.
Le franc suisse par contre a joué son rôle de valeur refuge. Il a atteint son plus haut depuis six semaines contre la livre sterling et gagné plus de 1% contre le dollar.
«Le marché réagit à ce qui s’est passé. Le franc suisse bondit, car il est considéré comme la dernière monnaie refuge. La livre sterling a également bougé», a expliqué Shahab Jalinoos, stratège monétaire senior chez ABN Amro.
A noter que la Bourse pan-européenne Virt-x, où sont cotées les valeurs vedettes suisse du SMI, a transféré ses opérations à la Bourse suisse SWX à Zurich jusqu’à nouvel avis.
swissinfo et les agences
De nombreuses institutions financières helvétiques ont leurs bureaux à Londres. Parmi elles, UBS, Credit Suisse, Swiss Re.
La banque UBS a évacué son immeuble après les explosions.
Le ministère suisse des affaires étrangères tente d’établir s’il y a des victimes parmi les personnes touchées.
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