Davantage d’argent pour une meilleure intégration
La commission fédérale des étrangers (CFE) manque cruellement d'argent pour répondre au nombre croissant de projets destinés à favoriser l'intégration des migrants.
Président de la commission, Francis Matthey estime que les 13,7 millions de francs dont il dispose ne suffisent plus. Il demande une rallonge au Parlement.
La situation sur le front des �trangers inqui�te le pr�sident de la commission extraparlementaire du m�me nom. Selon Francis Matthey, l’ann�e derni�re la CFE a soutenu 604 projets sur les 757 demandes re�ues.
C’est un record depuis l’introduction du cr�dit � l’int�gration de la Conf�d�ration en 2001. Et cette hausse devrait se poursuivre cette ann�e, puisque, jusqu’ici, 730 demandes ont �t� d�pos�es.
Pour Francis Matthey, �la question qui se pose est d�sormais la suivante: les Chambres f�d�rales accepteront-elles d’augmenter leur cr�dit pour nous permettre de soutenir plus de projets et favoriser une meilleure int�gration?�
La r�ponse doit �videmment �tre �oui� aux yeux de la CFE mais aussi de l’Office f�d�ral des migrations, comme il l’a signal� dans son rapport publi� mardi.
Sans moyens suppl�mentaires, plaide la CFE, le nombre de projets visant � am�liorer la cohabitation dans les quartiers entre population autochtone et population �trang�re ne pourra que difficilement �tre augment�.
Dans ce domaine, la commission a accept� l’an dernier quelque 350 demandes de soutien, contre 281 une ann�e auparavant. C’est 20% de son budget.
Des cours de langue
La commission offre aussi des cours de langues destin�s � faciliter la vie quotidienne et professionnelle. Leur nombre est pass� de 106 � 125. Mais ces cours ont �t� �tendus. Cons�quence: le budget est pass� de 3,9 � 4,7 millions de francs. Ou 30% de l’enveloppe totale.
Cette hausse globale des demandes de soutien enregistr�e par la CFE intervient dans un contexte difficile. Car un tour de vis vient d’�tre donn� � loi sur les �trangers, d�plore Francis Matthey.
La CFE prendra officiellement position le 18 mai sur un texte soumis au vote le 24 septembre. Mais d�j�, elle se d�clare d殓ue par cette loi qui s’inscrit �dans une vision de crainte et de menace suppos�e des migrations�.
Le ton des d�bats
Francis Matthey va plus loin. Et d�plore le ton de certains d�bats publics et parlementaires. Des d�bats qui �n’ont pas toujours �t� � la hauteur d’un Etat d�mocratique�.
�Il faut absolument �viter que les 1,3 millions d’�trangers qui vivent dans notre pays se sentent stigmatis�s�, insiste l’ancien d�put� socialiste.
Un autre dossier est sur la table du pr�sident de la CFE, celui de la fusion avec la commission f�d�rale des r�fugi�s. Cette r�organisation est voulue par le ministre en charge de la justice et de la police Christoph Blocher.
La commission des �trangers a rejet� une premi�re mouture du projet. Selon son pr�sident, une telle fusion n’interviendra pas avant la prochaine l�gislature, d�but 2008.
swissinfo et les agences
– La Suisse est l’un des pays européens au plus fort taux d’étrangers, avec une proportion de 20,6% de population en 2004.
– Cette situation s’explique surtout par la relative bonne santé du marché du travail, par une politique de naturalisation restrictive et par les caractéristiques démographiques de cette population.
– 87% de la population étrangère résidente est européenne, près des deux tiers venant d’un pays de l’Union européenne ou de l’AELE. Les Italiens (19,8%) devancent les ressortissants de Serbie et du Monténégro (13,1%), du Portugal (10,5%) et d’Allemagne (9,6%).
– Les étrangers sont trois fois plus touchés par le chômage que les Suisses. Et plus d’un sur cinq vit dans la pauvreté (21,4%) – également trois fois plus que les Suisses.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.