Le mythe du fossé économique s’évanouit
Selon une étude du Credit Suisse Group, la Suisse romande bénéficie d'un potentiel économique équivalent à celui de la Suisse alémanique.
L’image d’une région systématiquement dominée sur le plan économique par la partie germanophone majoritaire en fait les frais.
«La structure sectorielle et l’évolution conjoncturelle actuelle de la Suisse romande ne sont pas, comme souvent prétendu, plus faibles qu’outre Sarine», écrit le Credit Suisse Groupe mardi.
«Et si des variations cantonales subsistent, poursuit la deuxième banque du pays, le passage d’une économie marquée par l’industrie traditionnelle à une société basée sur le savoir, dominée par les services et l’industrie de pointe s’est très bien déroulée.»
Cela dit, la qualité de la localisation et la santé des finances publiques souvent mauvaise apportent ci-et-là un bémol aux résultats plutôt favorables de cette étude consacrée aux six cantons romands.
Une dynamique démographique supérieure
L’étude porte notamment sur l’aspect démographique. Elle montre que si la croissance de la population romande se situe juste au-dessus de la moyenne suisse, les différences régionales sont notables.
A Fribourg par exemple, les naissances ces dix dernières années sont presque deux fois plus nombreuses qu’en moyenne suisse – une tendance sociologique dont les implications économiques sont évidentes en matière de marché immobilier.
Autre constat: la Suisse romande, qui représente un quart de la population suisse, apparaît plus urbanisée que le reste du pays. 85% des 1,8 millions de Romands vivent en agglomération.
Des taux d’imposition handicapants
Cinq critères appliqués à 28 régions ont été retenus par les auteurs de l’étude, qui ont développé un indice de la qualité de la localisation.
Ces critères sont notamment l’imposition, les axes de communication et le niveau de formation de la population.
Au final, Genève (quatrième derrière Zug, Zurich, Nidwald) et Vaud se placent au-dessus de la moyenne suisse. Ils bénéficient à la fois d’une bonne localisation géographique et d’une population hautement qualifiée.
Fribourg, Neuchâtel, le Valais et le Jura – en dessous de la moyenne – sont handicapés en terme d’accès routiers.
Tous les cantons romands sont désavantagés par une lourde imposition, tant des personnes physiques que morales.
Le Valais toutefois se distingue en imposant moins les entreprises. Et certaines régions, comme Nyon, Genève, Morges/Rolles, Lausanne et Vevey/Lavaux font mieux que d’autres.
Un bon potentiel de développement
En moyenne, le revenu annuel moyen des ménages romands atteint 38’000 francs, soit en dessous des 41’000 francs en moyenne nationale.
Cela dit, le revenu moyen dépasse les 50’000 francs dans la région de Nyon…
Sur le plan de l’activité économique également, la Suisse romande montre un visage contrasté. La création de valeur ajoutée par employé est la plus élevée à Genève, grâce au secteur bancaire surtout.
Vaud profite de la présence de services aux entreprises et des branches de l’information. Neuchâtel se place parmi les cantons industriels générant la plus forte valeur ajoutée grâce à son industrie de pointe.
L’industrie chimique permet au Valais de devancer Fribourg, encore très engagé dans l’industrie traditionnelle, à l’image aussi du Jura.
Cela étant, le potentiel de développement économique à moyen terme est avant tout concentré dans l’Arc Lémanique. Et dans une moindre mesure à Fribourg, à Neuchâtel, à Yverdon et dans le Gros de Vaud.
swissinfo et les agences
La Suisse romande compte plus de 1,8 millions d’habitants (25% de la population helvétique).
Depuis les années nonante, la croissance démographique y atteint 0,8% (0,7% pour la moyenne suisse).
Le revenu annuel par habitant s’élève à 38’000 francs (41’000 pour la moyenne nationale).
– Une étude du Credit Suisse Group montre que le potentiel économique de la Suisse romande équivaut à celui de la Suisse alémanique.
– L’étude montre que la région francophone a réussi sa transition vers l’économie du savoir.
– Mais les critères de la qualité de la localisation, de l’imposition ou de la santé des finances publiques assombrissent le tableau.
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