Stress des Japonais: Adecco en fait son affaire
La santé mentale des salariés japonais intéresse Adecco. Le géant suisse de l'emploi temporaire leur offre ses services.
Dans un Japon hyper stressé, il s’agit d’une activité nouvelle promise à une croissance exponentielle.
Adecco est l’une des entreprises d’emplois temporaires les plus actives au Japon. Elle ne cesse de diversifier ses activités dans de nouveaux domaines. Et, souvent, avec plus d’imagination et de rapidité que ses concurrents.
Aujourd’hui, le groupe suisse accède au marché de la santé mentale des bataillons de salariés japonais. Il a crée un service spécialisé depuis que le gouvernement demande aux entreprises de se préoccuper de l’état psychique de leurs employés.
Des conseils par téléphone
Adecco loue les services de médecins, psychiatres et psychologues qui fournissent des conseils par téléphone. Ou se rendent dans les sociétés pour mettre en oeuvre des programmes d’aide à la santé mentale des employés.
«Depuis avril dernier, plus de 500 personnes ont consulté notre service. Il y a une réelle demande», déclare une porte-parole d’Adecco à Tokyo.
Le chômage et les faillites personnelles sont très mal supportés dans un pays qui, voici quelques années encore, pratiquait l’emploi à vie.
Une hécatombe de suicides, liés à la crise économique, a forcé le ministère de la Santé à prendre des mesures pour protéger les employés contre les agressions du stress.
Désormais, au moins une fois par an, un électronicien comme Fuji Xerox propose à ses 15’000 employés une rencontre avec un psychologue. La plupart des grands groupes japonais suivent son exemple.
Eviter les coûts de procès
«Ils veulent s’épargner les frais de procès. Les familles des victimes d’employés morts d’épuisement au travail n’hésitent plus à demander des dédommagements devant les tribunaux», déclare un analyste de la maison de titres UBS Warburg à Tokyo.
«C’est mauvais pour leur image de marque. Et Adecco comprend tout le bénéfice qu’il peut retirer d’un investissement dans les services d’aide à la santé mentale des salariés».
Le spécialiste des emplois temporaires se sent d’autant plus concerné qu’il fournit 40’000 employés par année à une multitude d’entreprises japonaises. Et qu’il tient, par des examens réguliers, à s’assurer qu’ils ne soient pas surmenés outre mesure.
Depuis trois ans, le nombre d’employés japonais qui se plaignent de divers troubles (anxiété, fatigue, ulcères) dus à un stress intense ou prolongé est en forte hausse.
La productivité des entreprises en subit les conséquences. Le ministère de la Santé aussi puisque les coûts liés au stress sur les lieux de travail sont en hausse de 30%.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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