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Cartographie aérienne La Suisse n’a pas raté l’envol des drones civils

La cartographie aérienne en 3D permet notamment de mesurer les volumes de minerais extraits d'une mine.

(SenseFly.ch)

Les petits drones helvétiques spécialisés dans la prise de vue aérienne en 3D connaissent déjà un succès planétaire. Mais les problèmes liés à la sécurité et à la protection de la sphère privée pourraient réfréner certaines ardeurs sur ce marché en plein boom.

«Entrez sans frapper», est-il signifié sur toutes les portes d’entrée de la start-up vaudoise SenseFly, plus grand producteur de drones civils du pays. Dans une ambiance décontractée assumée, une quarantaine de jeunes ingénieurs et techniciens, pour la plupart des passionnés de robotique et de modélisme, conçoivent ici de drôles de petits appareils volants autoguidés.

Environ 60 de ces engins, qui ressemblent à de grosses abeilles et dont le coût unitaire varie entre 10'000 et 20'000 francs suisses, sont assemblés, testés puis expédiés chaque mois dans 45 pays. «Grâce à leur caméra embarquée à très haute résolution, nos drones peuvent par exemple mesurer le volume de minerais extrait d’une mine ou les dégâts causés par un agent pathogène dans un champ», explique Jean-Christophe Zufferey,  fondateur et patron de SenseFly.

Les drones suisses aident Haïti

Parmi les clients des deux start-ups lausannoises SenseFly et Pix4D figurent des organisations non gouvernementales (ONG).

«Nos drones sont parfois utilisés à des fins humanitaires, par exemple pour mesurer l’étendue des dégâts lors de débordements de rivières, de glissements de terrain ou encore pour recenser la population dans les bidonvilles», explique Jean-Christophe Zufferey, fondateur de SenseFly.

Un drone a ainsi été acheminé récemment en Haïti, théâtre en 2010 d’un tremblement de terre meurtrier. «Ce qui est intéressant avec les drones légers et très faciles à manier, c’est que la population locale peut se les approprier». Tout comme les multiples services proposés sur Internet (Google et autres), cela participe d’une démocratisation de la cartographie, autrefois aux seules mains du pouvoir, estime Jean-Christophe Zufferey.

Les drones de SenseFly ont également été utilisés pour l’observation des tortues vertes en Indonésie ou la conservation des forêts en Côte d’Ivoire. «Le drone ne permet pas de cartographier un grand territoire comme le fait un satellite, mais les clichés peuvent être répétés beaucoup plus fréquemment et avec une plus grande précision. Par ailleurs, le drone, contrairement au satellite, peut opérer sous une couche nuageuse», relève Jean-Christophe Zufferey.  

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A Eclépens, dans le canton de Vaud, le géant helvétique du ciment Holcim utilise ainsi depuis peu un drone pour fournir aux autorités le volume de gravier extrait de la carrière. «Cela prend en général une demi-journée, contre 4 à 5 jours avec les outils traditionnels du géomètre», explique Sonja Betschart, responsable du marketing chez Pix4D, la start-up associée à SenseFly qui développe le logiciel destiné à analyser et modéliser en 3D les images récoltées en vol.   

Nombreux avantages

A en croire Jean-Christophe Zufferey et Sonja Betschart, les avantages générés par ces drones miniatures sont pratiquement sans limite: leur utilisation est infiniment moins chère, moins bruyante et polluante que celle d’un avion ou d’un hélicoptère, une éventuelle défaillance n’engendre pas de conséquences dramatiques et tout le monde, ou presque, peut s’approprier très facilement cette nouvelle technologie.

«Notre principal défi consiste à éduquer le marché, affirme Sonja Betschart. Le milieu de la cartographie est plutôt traditionnel et peu habitué aux grands bouleversements. Par ailleurs, certains géomètres peuvent percevoir nos outils comme une concurrence». Les perspectives économiques sont toutefois «énormes», affirment les responsables de SenseFly et Pix4D, qui se positionnent comme leaders de ce marché de la cartographie aérienne 3D en phase de décollage.

(swissinfo.ch)

C’est d’ailleurs toute l’industrie aéronautique qui pourrait être bouleversée par l’essor des drones à usage civil. Surveillance policière et de l’environnement, épandage de pesticides, aide en cas de catastrophe, couverture de l’actualité et des événements sportifs: les débouchés sont quasiment sans limite. 

Aux Etats-Unis, les professionnels de la branche attendent ainsi avec une certaine impatience le mois de septembre 2015 et un changement législatif qui autorisera l’utilisation des drones à des fins commerciales. Rien que dans ce pays, on estime que ce marché pourrait générer un chiffre d’affaires de 90 milliards de dollars au cours des dix prochaines années et créer près de 100'000 emplois qualifiés.

Ni guerre, ni paix Fronde contre les drones et les robots tueurs

L’usage intensif des drones par l’administration Obama alimente une vague de protestation et de critiques qui touche Genève dès la semaine prochaine.

Les drones ont mauvaise presse

Mais les drones sont également la cible de vives critiques. Si les appareils développés par SenseFly sont très éloignés de l’image que l’on se fait du drone tueur, arme préférée des militaires, notamment américains, le risque d’amalgame est bel et bien présent.

«Les drones ont mauvaise presse, reconnaît Jean-Christophe Zufferey. Certes, le débat est nécessaire, notamment en ce qui concerne l’utilisation des drones ‘paparazzi’ ou utilisés par la police à des fins de surveillance. Mais il ne faut pas tout mélanger: les drones que nous développons sont un simple outil de cartographie. Ils ne permettent pas de reconnaître les visages ou les plaques d’immatriculation».

Selon le fondateur de SenseFly, ce sont précisément les questions autour de la sécurité, de la protection de la sphère privée et du partage de l’espace aérien qui vont freiner l’expansion du marché, et non les besoins, «qui sont évidents». Le travail de régulation n’est pas simple, concède Jean-Christophe Zufferey: «Certains pays demandent de voler au-dessous d’une certaine altitude, d’autres au-dessus, pour des raisons contradictoires. Les législateurs sont au travail depuis près de dix ans mais ils n’agissent pas toujours de manière coordonnée».

Une start-up qui a le vent en poupe

Fondée en 2009, SenseFly, ancienne spin-off (entreprise dérivée) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, a été partiellement acquise à l’été 2012 par le groupe français Parrot pour un montant de cinq millions de francs.

Elle s’est spécialisée dans le marché de la cartographie aérienne.

Les drones qu’elle produit, l’ebee et le swinglet, sont lancés à la main et peuvent couvrir intégralement une superficie de plusieurs kilomètres carrés en un seul vol, programmé par ordinateur.  

Les deux modèles font moins d’un mètre d’envergure et, avec leur aile profilée en mousse souple, ne pèsent respectivement pas plus de 500 et 700 grammes.

Grâce à une équipe multidisciplinaire, SenseFly maîtrise toute la chaîne de production de ses drones.

A l’heure actuelle, les principaux marchés de la start-up vaudoise sont le Canada, l’Australie et l’Amérique du Sud. Environ 10% des ventes sont réalisées en Suisse.

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L’EPFL pionnière

En Suisse, la législation est plutôt souple puisque en deçà de 30 kilos, le drone est assimilable à un modèle réduit et ne nécessite aucune autorisation de vol, avec la seule obligation pour l’utilisateur de garder l’appareil dans son champ de vision. Et en matière de robotique volante, qui peut être assimilée aux drones, la Confédération est très bien positionnée. «Au début des années 2000, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) faisait figure de pionnière, souligne ainsi Jean-Christophe Zufferey. Aujourd’hui, cette spécialité est présente dans toutes les conférences mondiales ayant trait à la robotique.»

L’EPFL a notamment conçu un robot volant intelligent, AirBurr, capable de  reprendre son vol après s’être cogné contre un mur ou un obstacle. Cette faculté d’adaptation, «inspirée des insectes», dixit Jean-Christophe Zufferey, est particulièrement utile dans des environnements peu accessibles ou déstructurés, comme des tuyaux de gaz ou des complexes industriels qui s’effondrent.

A Zurich, dans l’autre école polytechnique fédérale du pays, une équipe de chercheurs conçoit sous la direction du professeur Raffaello d’Andrea d’étonnants petits quadricoptères autonomes capables de réaliser des prouesses. Les vidéos de ces robots volants s’adonnant, grâce à un système complexe de captures de mouvements, à la pratique du ping-pong ou à la construction d’un mur en briques, cartonnent sur le site de partage YouTube.

Si la technologie est déjà là, de nombreuses applications restent encore à imaginer. Certains experts n’hésitent pas à comparer le marché de l’aéronautique actuel à celui des ordinateurs avant l’arrivée d’Internet. En Suisse, les réussites de SenseFly et de Pix4D donneront à coup sûr des idées à tous ceux qui entendent investir ce créneau d’avenir.

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