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Aujourd’hui en Suisse

Bonjour à vous, Suisses résidant à l’étranger, 

C’est Olivier à Berne. Comme chaque jour, j’ai sélectionné pour vous quelques nouvelles qui devraient vous intéresser.

Deux points forts pour cette sélection: la démission du Suisse Pierre Krähenbühl, commissaire de l’ONU pour les réfugiés palestiniens et le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. 

Bonne lecture!

Homme en complet
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Il était le Suisse de plus haut placé au sein de l’ONU. Était… Il faut effectivement désormais utiliser le passé, car Pierre Krähenbühl, en butte à de multiples attaques, a décidé de quitter avec effet immédiat ses fonctions de commissaire de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Depuis plusieurs mois, les attaques pleuvaient sur les hauts dirigeants de l’UNRWA, dont Pierre Krähenbühl. En juillet dernier, un rapport de la commission d’éthique de l’agence faisait notamment état de discrimination, népotisme, représailles ou encore agissements à caractère sexuel non approprié.

Suspendu, Pierre Krähenbühl a préféré jeter l’éponge. Dans une longue interview au Téléjournal de la RTS, il a une nouvelle fois réfuté les accusations. Selon lui, elles sont injustifiées et interviennent dans un «contexte hyper politisé».

L’UNRWA fournit depuis 1948 une aide aux réfugiés palestiniens au Proche-Orient. Plusieurs pays demandent une réforme en profondeur de cette agence, dénonçant notamment le fait que le statut de réfugié soit transmis de génération en génération. Les États-Unis ont suspendu leur aide financière de 300 millions de dollars l’an dernier.

Foule autour du Mur de Berlin
Dans la nuit du 9 au 10 novembre, des centaines de personnes ont escaladé le Mur près de la Porte de Brandebourg, à Berlin. Peter Kneffel/Keystone

Il va falloir vous y habituer, mais l’actualité des prochains jours sera fortement marquée par la commémoration de la chute du Mur de Berlin. Il y a trente ans exactement que cet événement a eu lieu.

La chute du Mur de Berlin, au soir du 9 novembre 1989, a constitué un événement historique – et pour une fois le mot n’est pas galvaudé. Il aura entraîné dans son sillage la chute des régimes communistes d’Europe orientale, la fin de la Guerre froide, la réunification allemande et une redistribution des cartes au niveau mondial.

Nulle surprise donc à ce que la plupart des médias consacrent une large place à ces commémorations. Et swissinfo.ch ne fait pas exception. Nous consacrerons toute une série d’articles à la chute du Mur, avec la plupart du temps une approche originale du sujet.

Nous commençons ce jeudi en nous intéressant à l’évolution du regard des Suisses sur les pays de l’Est et sur leurs populations. L’enthousiasme soulevé par les événements de 1989 s’est bien tempéré depuis lors. Découvrez cette évolution avec une spécialiste, l’historienne Julia Richers.

Photo montage avec un homme photographié de buste devant le Palais fédéral.
swissinfo.ch

S’il y a un autre sujet qui va revenir encore de manière récurrente au cours des prochains jours, c’est bien celui des élections fédérales et de leurs conséquences. Et effet, plusieurs cantons s’apprêtent à retourner aux urnes ce week-end pour le second tour de l’élection au Conseil des États.

En Suisse romande, ce sera le cas dans trois cantons le dimanche 10 novembre. Et à chaque fois, l’enjeu est intéressant. Dans les cantons de Genève et de Vaud, la question sera de savoir si la gauche arrive à rafler toute la mise grâce à l’alliance entre la gauche et les écologistes. À Fribourg, il faudra voir si l’argument jeune et femme permettra à la candidate libérale-radical de faire chanceler le traditionnel duo socialiste/démocrate-chrétien.

Mais finalement, la grande question des scrutins à venir est de savoir si la tendance constatée le mois dernier en faveur de femmes, des verts et du centre va se poursuivre.

La vague verte pourrait en tout cas bien continuer un moment en Suisse. Dans une analyse subtile, le politologue et historien Claude Longchamp démontre en effet que les Suisses ne votent jamais en vase clos, mais qu’ils sont sensibles à la situation internationale. Or en ce moment, la défense du climat est une tendance forte en Europe occidentale.

Dégustateur de vin
Principaux cépages suisses: le pinot noir, le gamay, le merlot, suivis par le gamaret, le garanoir et le syrah. Keystone

Le gouvernement ne veut pas faire un geste en faveur des vignerons suisses. Le Conseil fédéral a refusé jeudi une motion qui demandait que les restaurants suisses soient obligés de proposer un minimum de 50% de vins du pays sur leur carte.

Aux yeux du gouvernement, une telle imposition restreindrait la liberté économique garantie par la Constitution. Par ailleurs, elle contreviendrait aux règles de l’Organisation mondiale du commerce qui demandent un traitement équitable entre produits étrangers et nationaux.

Les vignerons suisses sont actuellement inquiets. Les vendanges 2019 viennent d’être faites et les stocks de l’année précédente peinent encore à s’écouler. Les vins du pays ne représentent plus que 36% du marché.

  • La décision du Conseil fédéral sur le site de la Tribune de GenèveLien externe
  • Vous ne connaissez pas bien la Suisse viticole? Rafraîchissez-vous la mémoire avec cet article de swissinfo.ch

Le retour en Suisse n’est pas facile pour les Suisses de l’étranger. Dans un commentaire très émouvant, Samuel Merz souhaite empêcher cette dérive vers l’aide sociale en disant que les rapatriés devraient être accompagnés non seulement matériellement, mais aussi mentalement.

«J’avais bénéficié d’une excellente formation en Suisse et j’y ai également travaillé – mais le désir de partir un certain temps à l’étranger a toujours été très fort pour moi. Finalement, j’ai été attiré par Berlin, ce qui a bouleversé toutes mes valeurs. Néanmoins, pendant cette période, j’ai fait beaucoup d’expériences et j’ai appris à connaître des gens avec qui j’ai pu faire l’expérience de «l’ouverture et de la tolérance» – ce qui a eu un effet positif sur mon système de valeurs.

Après quatre ans, j’ai voulu rentrer en Suisse. Aujourd’hui, je dois dire que ce retour a été dur – même si le DFAE a publié un manuel, mais qui se concentre surtout sur les droits et les devoirs – et qu’il existe un énorme potentiel de développement en matière d’«accueil des Suisses de l’étranger».

Si vous voyagez beaucoup ou si vous êtes à l’étranger depuis longtemps, vous vous apercevrez très vite que la Suisse constitue une exception à bien des égards, en positif comme en négatif. Cela a cependant pour effet d’aiguiser et de modifier la perception de certaines nuances qui, par rapport aux personnes qui sont toujours là, représente un grand atout. C’est un potentiel de connaissances et d’expérience. Inversement, il est extrêmement important que les personnes qui reviennent puissent s’installer dans leur pays d’origine et qu’elles puissent y construire quelque chose. Il est également extrêmement important que le fait d’avoir été éloigné soit également apprécié et que les connaissances acquises ailleurs soient utilisées. Mais si vous passez d’abord par un Office régional de placement et, dans le pire des cas, par le bureau d’aide sociale, il s’agit là d’une usure totale des ressources – à plusieurs niveaux.

Ce qu’il faut, c’est un point de contact qui non seulement clarifie les «questions techniques», mais qui s’occupe aussi de manière décisive de l’état mental des personnes qui rentrent chez elles. Il faut de l’espace pour les échanges, les rencontres.

Il est tout à fait clair que cela devrait en fait être dirigé par quelqu’un qui a aussi séjourné à l’étranger, qui a eu toutes ces expériences et qui a une formation psychologique. Idéalement aussi avec une large connaissance, qui inclut également les processus économiques et une perspective différenciée.

Mes recherches jusqu’à présent montrent: La demande est énorme.

Je souhaite à tous ceux qui rentrent au pays beaucoup de force, de patience et de persévérance. D’ailleurs, l’une de mes constatations les plus importantes de ma vie à l’étranger est que la morale du travail en Suisse tend à être très stricte, que la «respiration mentale» est très vite négligée et que cela entraîne beaucoup de souffrance. Mais la Suisse est aussi l’un des plus beaux pays du monde et c’est incroyable ce que vous pouvez faire ici!»​​​​​​​

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