Aujourd’hui en Suisse
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Commune de 200'000 habitants, Genève bouillonne comme une métropole par sa dimension internationale. Deuxième siège de l’ONU, la cité lémanique accueille chaque année plus de 3000 conférences et réunions internationales, plus que le siège principal à New York. C’est dire si l’impact des mesures de prévention face à la pandémie du Covid-19 s’y fait durement ressentir.
À la dernière minute, le fameux et genevois Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) a dû renoncer à sa 18e édition. Qu’à cela ne tienne, ont répondu Isabelle Gattiker, sa directrice, et son équipe, en organisant en 48 heures un programme de substitution visible, notamment, sur les réseaux sociaux. Pour son édition rebaptisée «34 et demi», le Festival International de Films de Fribourg (FIFF) suit la même voie.
Bonne lecture,
Le coronavirus touche de plein fouet la Genève internationale, pointe mon confrère Simon Bradley. Après le Salon de l’auto, la liste des événements culturels, des conférences et des réunions annulés ou reportés dans la ville la plus internationale de Suisse ne cesse de s’allonger.
Dans les couloirs du Palais des Nations, siège européen de l’ONU, le travail se poursuit, mais il n’y a pas l’agitation typique de cette période de l’année et l’anxiété entourant le virus est palpable. La décision d’annuler 200 événements parallèles du Conseil des droits de l’homme (CDH) organisés ce mois-ci par des ONG et des États a affecté plus de 1000 participants, dont beaucoup se sont rendus à Genève depuis d’autres pays.
«C’est la session principale du CDH où de nombreuses personnes du terrain viennent à Genève pour parler aux États. C’est important et ici, on leur refuse cette opportunité», déclare un militant des droits de l’homme.
Qualifiant la décision de «mesure désespérée pour un temps désespéré», le porte-parole du CDH Roland Gomez souligne: «Il ne s’agit pas seulement des participants à Genève. L’objectif est aussi d’éviter que le virus soit exporté vers des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles.»
- L’impact de l’ordonnance fédérale sur les activités des organisations internationales basées à Genève (swissinfo.ch)
- Les pages consacrées au coronavirus sur le site de l’Office genevois des Nations UniesLien externe
- Une première évaluation de l’impact de l’épidémie sur l’économie (swissinfo.ch)
L’interdiction fédérale de tout rassemblement de plus de 1000 personnes court jusqu’au 15 mars. Elle sera prolongée, très probablement. Pour le monde fragile des arts et du spectacle, la mesure est douloureuse, même si l’heure n’est pas à l’abattement.
Le magazine économique Bilan estime pour l’heure à un milliard de francs suisses le coût financier de ces mesures pour l’ensemble de l’industrie de l’événementiel en Suisse. Le Courrier de Genève a sondé les milieux culturels de Suisse romande dont l’avenir est gros d’incertitude, faute de savoir si les subventions publiques et privées seront maintenues. Directeur du théâtre de l’Arsenic, Patrick de Rahm estime que «ce sont les artistes et les travailleurs du secteur culturel qu’il faut protéger en particulier», par le biais d’un dédommagement étatique, conclut Le Courrier.
En attendant, il est possible de découvrir une partie de l’offre culturelle par écrans interposés, comme celle du FIFDH. Et les messages multisupports qu’un collectif d’acteurs culturels romands souhaite faire passer auprès des jeunes pour les inciter à appliquer les consignes de sécurité face au Covid-19. Chappatte, Thomas Wiesel ou encore Marina Rollman et le Grand JD, raconte Le Temps, y participent avec enthousiasme.
- L’événementiel impactéLien externe, selon le magazine Bilan (abonnés)
- Le Courrier de Genève a sondé le milieu culturel romandLien externe
- Le FIFDH 2020Lien externe en vidéo
- Des acteurs de la culture alertent les jeunes face au Covid-19Lien externe (Le Temps/abonnés)
- Une des vidéosLien externe du collectif (youtube)
Pourquoi les géants de la pharma boudent le coronavirus? Ma consœur Jessica Davis Plüss constate qu’ils délaissent les maladies infectieuses émergentes pour investir leurs ressources dans des secteurs plus lucratifs, comme le cancer.
La liste de candidats à un vaccin ou à un traitement dressée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne comprend pas de société suisse. Et aucun des laboratoires pharmaceutiques installés en Suisse n’a présenté de grand projet pour stimuler la recherche et le développement (R&D) sur ce virus.
«De nombreuses grandes sociétés pharmaceutiques ont abandonné le champ des maladies infectieuses. C’est très préoccupant parce que nous n’en avons certainement pas fini avec elles, comme le montre la dernière épidémie», regrette Bernard Pécoul, directeur exécutif de l’Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées (DNDi), une organisation à but non lucratif basée à Genève.
- Un secteur résolument orienté profit (swissinfo.ch)
- L’Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées (DNDiLien externe)
- L’état des connaissances scientifiquesLien externe sur le coronavirus (RTS)
- Les dernières découvertesLien externe sur le Covid-19 (Tribune de Genève/abonnés)
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Le Covid-19 est désormais qualifié de pandémie par l’OMS (ATS sur swissinfo.ch)
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Ce que signifie la qualification de pandémie, selon l’OMSLien externe
Les «deepfakes», ces vidéos truquées à l’aide de l’intelligence artificielle, deviennent toujours plus sophistiquées. Des experts en Suisse romande ont décidé de contre-attaquer.
Ma consœur Geraldine Wong Sak Hoi est allée à leur rencontre dans un laboratoire informatique du vaste campus de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Elle raconte comment ils s’y prennent pour contrer les faussaires en utilisant les mêmes outils techonologiques. Grâce au «machine learning» (apprentissage statistique), le même procédé que pour les deepfakes, le logiciel du labo apprend à faire la différence entre le vrai et le faux.
Antony Ebrahimi, de l’EPFL, affirme que, si tout se passe comme prévu, un sous-produit du projet EPFL/QI pourrait être l’utilisation éventuelle de cette même technologie pour créer des effets spéciaux de film.
- Des chercheurs suisses chassent les «deepfakes» (swissinfo.ch)
- Redécouvrir le laboratoire de l’EPFLLien externe
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