Aujourd’hui en Suisse
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Avec la crise sanitaire et ses effets économiques, les États sont naturellement centrés sur leur politique intérieure. Mais la politique internationale n’a pas disparu pour autant et la diplomatie suisse y est active.
C'est ce que montre son active médiation dans l’échange de prisonniers entre Téhéran et Washington cette semaine ou son appui à l’appel d’António Guterres pour un cessez-le-feu dans les guerres en cours.
Reste à savoir si Berne compte empêcher une exportation - non avérée - de pistolets lacrymogènes suisses à la police hongkongaise que les manifestants du territoire plus vraiment autonome réclament à grands cris.
Bonne lecture,
Ma consœur Julia Crawford revient sur l’appel du secrétaire général des Nations Unies en faveur d’un cessez-le-feu mondial pour concentrer les énergies sur une pandémie toujours virulente de part le monde.
Soutenu par Berne, l’appel a été relayé par la Chambre basse du parlement suisse. Diplomates et organisations non gouvernementales tentent de concrétiser ce vœu sur le terrain, avec l’espoir que le coronavirus puisse pacifier certaines zones sur le plus long terme.
Cette mobilisation au niveau des Etats est d’autant plus nécessaire que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est montré incapable depuis le début de la pandémie de s’accorder sur une résolution allant dans le même sens.
Directeur de l’Appel de Genève, Alain Délétroz précise à Julia Crawford: «On observe que certains acteurs impliqués dans des conflits se sont montrés ouverts à l’appel du secrétaire général de l’ONU, mais que la réalité sur le terrain n’a que peu changé. Il s’agit d’un énorme défi pour l’ONU, la Suisse et les autres États diplomatiques.»
- La Suisse se joint à l’appel pour un cessez-le-feu mondial durant la pandémie (swissinfo.ch)
- L’appel à un cessez-le-feu mondialLien externe du Conseil national
- L’inaction du Conseil de sécuritéLien externe contre le Covid-19 fustigée par des ONG (Le Temps/abonnés)
- Covid-19 et conflitsLien externe: sept tendances à surveiller (International Crisis Group)
Un ancien militaire américain, Michael White, sera bientôt chez lui, après avoir été libéré jeudi par les autorités iraniennes. Dans un tweet, le président Donald Trump a remercié la Suisse pour son aide.
Cette libération intervient au lendemain du retour en Iran d’un scientifique iranien, Cyrus Asgari. Cet homme de 59 ans a été relâché par les Etats-Unis où il avait été acquitté après près de trois ans de détention pour espionnage.
«Sans la Suisse, cela aurait été impossible», affirme l’ambassadeur iranien en poste à Berne. La Suisse «ne joue pas seulement un rôle de boîte aux lettres, comme on le dit parfois, souligne Mohamed Reza Jabbari. Elle a joué un rôle très actif, par son ambassade à Téhéran», déclare le diplomate à Darius Rochebin de la RTS.
- Donald Trump remercie la SuisseLien externe (RTS)
- Impossible sans la Suisse, déclare l’ambassadeur d’Iran à BerneLien externe (RTS)
- Le rôle méconnu de la Suisse dans la crise des otages américains en Iran (swissinfo.ch)
Plus
Les «Raptors», unité d’élite de la police hongkongaise, devraient être équipés dans le courant du mois de juin de pistolets lacrymogènes de manufacture suisse, nous apprend Anne Labadie, la correspondante du Temps à Kong Kong.
Sans attendre, de jeunes figures de l’opposition hongkongaise ont lancé une pétition pour empêcher le déploiement de ces armes. Un appel qui a déjà recueilli plus de 57’300 signatures. «Honte à la Suisse de fermer les yeux sur l’escalade de la brutalité policière», accuse la pétition adressée au Conseil fédéral ainsi qu’au Secrétariat d’Etat à l’économie, lequel délivre les autorisations d’exportation nécessaires pour ce type d’arme.
La vente incriminée porte sur des pistolets JPX4 de la société Piexon, présentés comme une arme de défense non létale notamment utilisée pour le maintien de l’ordre dans plusieurs pays. Elle crache une solution neutralisante qui peut aveugler la cible pendant 20 à 30 minutes, précise encore Anne Labadie. «Aucune demande d’exportation de ces marchandises vers Hongkong n’ayant été déposée, les autorités suisses n’ont pas connaissance d’une telle transaction», déclare le consulat suisse sur place.
- Levée de boucliersLien externe contre la vente d’armes suisses à Hongkong (Le Temps/abonnés)
- PolémiqueLien externe autour d’une vente présumée d’armes suisses à Hongkong (Le Temps/abonnés)
- Le texte de la pétitionLien externe (change.org en anglais)
D’écrivain bardé de prix, l’auteur genevois Joël Dicker est devenu un phénomène de l’édition francophone. Trop populaire, pas assez raffiné pour la critique parisienne? s’interroge Mathieu van Berchem, notre correspondant à Paris.
Près de 450’000 exemplaires de «L’Enigme de la chambre 622», le nouveau livre de Joël Dicker, sont disponibles dans les librairies de France. Les critiques de l’ouvrage, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main ou presque, relève Mathieu van Berchem. «Je crois que cela n’a pas grand-chose à voir avec le fait que Dicker est suisse, estime son compatriote et collègue écrivain Daniel de Roulet. Des auteurs français roulant dans la même catégorie n’ont pas plus droit aux honneurs de la critique.»
D’ailleurs, relève encore Daniel de Roulet, la critique parisienne, celle de Saint-Germain-des-Prés, très autocentrée, n’existe plus ou presque. En 1963, l’immense critique littéraire George Steiner (disparu en février dernier) relevait, lui, l’insignifiance de la littérature française depuis le XIXe siècle…
- Joël Dicker, plébiscité par les lecteurs mais boudé par la critique française (swissinfo.ch)
- Le malentendu Joël DickerLien externe (Le Monde/abonnés)
- Les confidences de Joël DickerLien externe au quotidien économique Les Echos.
- En 1963, George Steiner parle de Tolstoï, de DostoïevskiLien externe et de la misère de la littérature française (youtube)
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