Aujourd’hui en Suisse
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En 2019, les dépenses militaires mondiales ont atteint le niveau record de 1917 milliards de dollars. Et cela fait des années que les arsenaux militaires de nombreux pays ne cessent de grossir. Dans le même temps, les traités sur les armes nucléaires sont remis en question, comme le cadre multilatéral censé garantir la paix et la sécurité mondiale.
Give Peace a Chance, chantait John Lennon en 1969. Ne donnons pas aujourd’hui toutes ses chances à la guerre.
Bonne lecture,
«Le monde est surarmé et la paix sous-financée», disait Ban Ki-moon quand il était Secrétaire général des Nations unies. Jamais telle constatation n’a été aussi pertinente qu’en ces temps de pandémie. Au sous-financement de la paix, on doit hélas ajouter le sous-financement de la santé publique, souligne Marc Finaud, du Geneva center for security policy.
Le monde s’est ému à juste titre du nombre de victimes de la pandémie de coronavirus, qui devrait atteindre le demi-million en six mois, écrit Marc Finaud. A titre comparatif, c’est le même nombre de morts qui résulte en moyenne chaque année de la violence armée.
Consécutive à la crise sanitaire, la récession qui frappera la plupart des pays devrait fournir l’occasion historique de rééquilibrer les budgets nationaux et l’action multilatérale en faveur de la sécurité humaine, plaide le chercheur. Sera-t-il seulement entendu ?
- Pandémie et course aux armements: la bourse et la vie (swissinfo.ch)
- Des armes nucléaires sont désormais hors de contrôleLien externe (Le Temps/abonnés)
- Géopolitis, l’émission hebdomadaire de la RTS se penche sur la confrontation nucléaire en coursLien externe
- Covid-19 et conflitsLien externe: sept tendances à surveiller (International Crisis Group)
Dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, nombreux sont ceux qui s’en prennent aux symboles des anciennes puissances coloniales européennes dans l’espace publique. Et la Suisse n’échappe pas à la vague.
Des militants réclament le retrait de plusieurs statues et monuments en Suisse, relève mon confrère Simon Bradley. Parmi les cibles visées, la statue du bienfaiteur de la ville de Neuchâtel, David de Pury, un négociant du XVIIIe siècle. Depuis Lisbonne, il développe ses affaires dans le marché du diamant du Brésil, notamment.
Comme le relève la revue historique Passé Simple, «David de Pury est controversé du fait de ses activités de négoce en lien avec le commerce triangulaire et donc avec la traite négrière.» D’autres figures aujourd’hui controversées sont visées en Suisse par cet enthousiasme iconoclaste.
C’est l’heureuse occasion de parler au grand jour des facettes moins glorieuses de l’histoire suisse, sa complexité au-delà du récit national officiel. Que d’anciennes idoles soient balayées par de nouvelles, c’est aussi l’histoire qui se déroule depuis des siècles. Mais c’est au risque d’un certain anachronisme peu propice, justement, à une bonne compréhension de l’histoire.
Reste à savoir si ce mouvement anti-raciste, par des actions parfois simplistes, n’est pas en train de provoquer un mouvement inverse favorisant les tenants d’une Europe exclusivement chrétienne.
- La question du retrait de monuments controversés se pose aussi en Suisse (swissinfo.ch)
- David de Pury, l’embarrassant bienfaiteurLien externe (Passé Simple/notrehistoire.ch)
Le photographe bernois Heini Stucki a parcouru de longues années son Grand-Marais natal pour y documenter de manière sensible les visages et les paysages d’un monde en train de disparaitre. Ma consœur Katy Romy est allée à sa rencontre.
«Longue chevelure blanche et barbe broussailleuse, à 70 ans Heini Stucki reste un anticonformiste. Lorsqu’il raconte sa longue carrière de photographe, ses yeux scintillent, laissant transparaitre une âme de rebelle dissimulée derrière un ton calme et des gestes lents», décrit Katy Romy, une fois entrée dans son appartement dans la vieille ville de Bienne.
Au fil des ans, son travail finit par être reconnu, lui permettant enfin de vivre moins chichement. «Heini Stucki n’est jamais un observateur distant, indifférent. Sur la plupart de ses photos, des gens nous regardent. Il n’assiste pas de loin à des histoires anonymes», écrit, dans une monographie consacrée à son œuvre, l’historien de l’art Andreas Meier.
- Heini Stucki, un monde en voie de disparition dans l’objectif (swissinfo.ch)
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Une présentation du photographe par un galerie de BienneLien externe (all.)
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