La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast
sécheresse

Aujourd’hui en Suisse

Chères Suissesses, chers Suisses de l’étranger,

La canicule reste l’un des grands sujets du moment en Suisse. Je dois admettre que j’ai choisi de travailler depuis chez moi aujourd’hui. Au bureau, on se croirait dans une serre, alors que dans mon appartement qui se trouve partiellement en sous-sol, il fait environ 10 degrés de moins qu’à l’extérieur. 

Mais s’il est surtout source d’inconfort pour beaucoup d’entre nous, cet été exceptionnellement sec a des conséquences bien plus vastes sur la faune, l’agriculture et les forêts.

Salutations de Berne,

sécheresse
La vague de chaleur prolongée qui frappe la Suisse n’est pas seulement inconfortable pour les personnes. Alors que la sécheresse s’intensifie, l’agriculture et la faune sauvage sont soumises à une pression croissante. Keystone / Martial Trezzini

Ce printemps a été l’un des plus secs depuis le début des relevés à l’échelle nationale, selon Mauro Hermann, climatologue à MétéoSuisse. «La situation actuelle évoque fortement les étés exceptionnels de 1976, 2003 et 2018», dit-il.

La chaleur s’accompagne de craintes grandissantes liées à la sécheresse. En 2022, l’humidité des sols suisses avait atteint son niveau le plus bas jamais mesuré. Mais selon Sonia Seneviratne, climatologue à l’École polytechnique fédérale de Zurich, les conditions sont déjà «nettement plus sèches qu’à la même période en 2022». Si les tendances météorologiques actuelles se poursuivent, cet été pourrait être encore pire.

Quasiment tous les cantons ont à ce stade mis sur pied des cellules de crise ou des groupes de travail dédiés à la surveillance de la sécheresse. Même des régions habituellement épargnées par les longues périodes de sécheresse introduisent des restrictions. Les habitants de Fahrwangen, dans le canton d’Argovie, s’exposent ainsi à une amende pouvant atteindre 2000 francs s’ils arrosent leur pelouse, lavent leur voiture ou font fonctionner des fontaines ornementales.

Les conséquences pour l’agriculture et la faune se font de plus en plus sentir. Les pommes de terre, le maïs et les betteraves sucrières continuent de pousser durant les mois d’été, mais le monde agricole craint des récoltes réduites. Les pâturages s’assèchent déjà et certains éleveurs pourraient à nouveau devoir abattre du bétail, comme en 2022.

Le réchauffement des lacs et la baisse du niveau des eaux mettent également les populations de poissons sous pression. La pêche a été suspendue dans plusieurs régions, tandis que les autorités demandent aux baigneurs d’éviter les zones sensibles afin de ne pas accentuer le stress sur la faune aquatique.

Le risque d’incendies de forêt augmente lui aussi. Les niveaux de danger 3 et 4 sont déjà en vigueur dans de larges parties du pays. Le niveau de danger maximal 5 a même été déclaré dans certaines zones du Valais et des Grisons.

Swiss Remit
Swiss Remit fonctionnait comme un service de transfert d’argent classique, en permettant à sa clientèle d’envoyer des fonds dans le monde entier contre commission. Selon les enquêteurs, l’entreprise échangeait aussi des fonds en cryptomonnaies et est soupçonnée d’avoir utilisé son réseau pour blanchir de l’argent. EPA-EFE/AMEL PAIN

Le secteur bancaire suisse, des cryptomonnaies, un banquier russe, un réseau criminel nigérian et une taupe présumée au sein de l’Office fédéral de la police (Fedpol): de nouvelles enquêtes sur l’affaire «Swiss Remit» révèlent des liens présumés avec des banques pirates russes, dans le cadre d’une enquête internationale sur le blanchiment d’argent.

La société de transfert de fonds basée à Zurich Swiss Remit permettait à sa clientèle de déposer des espèces, de transférer de l’argent à l’international et d’échanger des fonds en cryptomonnaies. Son modèle commercial semblait taillé sur mesure pour le blanchiment d’argent, écrit le Tages-Anzeiger.

Le banquier russe Sergei S., qui aurait dirigé la banque russe Anelik RU avant de prendre le contrôle de Swiss Remit en 2020, se trouve au cœur de l’enquête. Selon le Tages-Anzeiger, des millions de francs auraient transité par des sociétés écrans pour financer des combattants russes dans l’est de l’Ukraine.

Un lanceur d’alerte avait alerté les autorités cantonales et fédérales dès 2021. Il avait signalé que Sergei S. finançait clandestinement des combattants russes à Donetsk et tentait d’obtenir frauduleusement un permis de séjour suisse via un contrat de travail fictif. Pourtant, l’affaire est restée dans les tiroirs des autorités pendant plusieurs années.

En 2025, coup de théâtre: le parquet a inculpé le lanceur d’alerte pour diffamation. Le procès s’est conclu par un acquittement au tribunal de district de Zurich.

En février 2026, les autorités grecques ont révoqué la licence d’une filiale de Swiss Remit avec effet immédiat en raison de «manquements graves relatifs, d’une part, au fonctionnement des établissements de paiement et, d’autre part, à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme», d’après la Banque de Grèce.

Selon sa communication, Swiss Remit disposait de succursales dans plus de 100 pays. Ses bureaux suisses étaient implantés à la Langstrasse à Zurich, dans les vieilles villes de Bâle et de Berne et dans le quartier des Pâquis à Genève. À la suite de perquisitions coordonnées en avril, les enquêteurs soupçonnent Swiss Remit d’avoir également blanchi de l’argent pour Black Axe, un groupe criminel nigérian impliqué dans la traite des êtres humains, le trafic de drogue et la cybercriminalité. Vingt et une personnes, dont Sergi S., un baron de la drogue présumé et une taupe présumée au sein de Fedpol ont été arrêtées en Suisse. Deux autres individus présumément liés à l’affaire ont été appréhendés au Nigeria.

venezuela
Un nombre indéterminé de personnes sont toujours portées disparues à la suite des séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela. Sur la photo, une femme se tient devant des affiches représentant les personnes toujours recherchées. Copyright 2026 The Associated Press. All Rights Reserved

Environ 800 ressortissantes et ressortissants suisses sont établis au Venezuela. Un Suisse de l’étranger vivant dans le pays raconte que sa famille n’a survécu à la catastrophe que grâce à son voyage annuel en Suisse.

Hans Peter Zingg et son épouse Alvis vivent au Venezuela depuis près de quarante ans. Ils rentrent chaque été en Suisse, où Hans Peter Zingg travaille au chemin de fer Brienz Rothorn, dans le canton de Berne.

Dans un entretien au Blick, il qualifie sa maison à Caraballeda de paradis: vue sur l’océan, deux piscines et des palmiers dans le jardin. L’architecte italien qui l’avait construite avait dit fièrement qu’elle était bâtie «pour l’éternité». Les fondations s’enfonçaient jusqu’à 40 mètres dans le sol. L’architecte lui-même y avait vécu jusqu’à sa mort. Aujourd’hui, elle est en ruines.

Hans Peter Zingg a eu connaissance de la catastrophe alors qu’il fêtait le 60e anniversaire de son frère autour d’une pizza en Suisse. Deux séismes, de magnitude 7,2 et 7,5, ont frappé à 39 secondes d’intervalle, touchant principalement le nord du Venezuela, où se trouve Caraballeda.

Le bilan excède aujourd’hui les 3800 morts, avec plus de 16’700 blessés et de nombreux disparus. Selon Hans Peter Zingg, l’aide de l’État est pratiquement inexistante. Les habitants payent eux-mêmes des excavatrices plutôt que d’attendre les secours officiels. De nombreux Vénézuéliens critiquent la réponse jugée trop lente des autorités.

Peu après les séismes, son employeur lui a proposé de prolonger son séjour en Suisse. Mais il a refusé. «Ma maison, c’est le Venezuela. C’est là que j’ai construit ma vie. C’est là que sont mes amis et ma famille. Je dois rentrer.»

Venezuela
Les organisations partenaires de la Chaîne du Bonheur fournissent de l’aide sur le terrain au Venezuela après les séismes survenus en juin. EPA/Miguel Gutierrez

La Chaîne du Bonheur a récolté plus de 10 millions de francs de dons pour les victimes des séismes au Venezuela. Des dizaines de milliers de personnes de toutes les régions du pays ont participé à cette journée de collecte, ont annoncé les responsables de l’organisation.

La Journée nationale de solidarité a été ouverte par le président de la Confédération Guy Parmelin. Aux côtés de la Société suisse de radiodiffusion et de télévision (SSR, la maison-mère de Swissinfo) et de stations de radio privées, la Chaîne du Bonheur a appelé à la solidarité avec le peuple vénézuélien après les séismes.

Des maisons, des routes, des hôpitaux et d’autres infrastructures vitales ont été détruits ou gravement endommagés, a rappelé la Chaîne du Bonheur. Les besoins humanitaires sont immenses: soins médicaux, abris, eau potable et nourriture sont nécessaires en urgence, tout comme les produits de première nécessité.

Les cantons et les communes ont également annoncé des contributions. Le gouvernement cantonal bernois a approuvé un crédit de 250’000 francs en faveur des victimes, tandis que la Ville de Genève verse 50’000 francs d’aide d’urgence.

Les plus lus
Cinquième Suisse

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision