Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs à l’étranger,
Aujourd’hui, le briefing parle de vie et de mort. De la joie de vivre après un match de football gagné, de la qualité de vie dans les villes suisses. Mais aussi du danger mortel que représentent les vagues de chaleur – et d’une médecin suisse qui a fait de la mort le centre de sa vie.
Bonne lecture!
Le rêve se poursuit pour l’équipe suisse de football. Victorieuse aux tirs au but, la Nati atteint les quarts de finale d’une Coupe du monde pour la première fois depuis 1954. Dans la nuit de mardi à mercredi, elle a arraché sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde en battant la Colombie aux tirs au but à Vancouver.
La séance de tirs au but a offert un dénouement haletant à une rencontre assez morne, qui s’est achevée sur un score de 0-0 après 120 minutes de jeu. Lorsque le deuxième tireur suisse, Manuel Akanji, a envoyé le ballon au-dessus de la cage, les supporters helvétiques ont vécu quelques instants d’angoisse. Mais la Nati a gardé son sang-froid. Les tireurs suivants ont tous trouvé le chemin des filets, tandis que le gardien Gregor Kobel a repoussé avec autorité la quatrième tentative colombienne. Rubén Vargas, cinquième tireur suisse, a finalement transformé le penalty de la qualification.
Pour les quarts de finale, la Nati quittera Vancouver pour Kansas City. Elle y affrontera l’Argentine, championne du monde en titre. Les Suisses ont un compte à régler avec les Sud-Américains: lors de la Coupe du monde 2014, ils s’étaient inclinés 1-0 après prolongation en huitièmes de finale.
Et cette fois-ci? «Nous allons gagner la Coupe du monde», assurent en tout cas les supporters qui ont célébré l’exploit jusque tard dans la nuit de mardi à mercredi. Pour suivre la rencontre, ils devront toutefois veiller tard ou se lever aux aurores: le coup d’envoi sera donné dimanche à 3 heures du matin, heure suisse.
Une nouvelle vague de chaleur frappe la Suisse – un risque qui reste encore sous‑estimé. De nouveaux chiffres montrent les conséquences mortelles des vagues de chaleur.
Une alerte pour une «vague de chaleur marquée» vient d’arriver sur mon téléphone: elle devrait frapper Zurich ce week‑end avec des températures dépassant les 30 degrés. Pour de vastes zones des cantons de Bâle‑Campagne, Bâle‑Ville, du Tessin ainsi que de Vaud et de Genève, le niveau d’alerte chaleur trois a également été réactivé.
Les nouvelles données de mortalité publiées par la Confédération montrent que les périodes de chaleur représentent un danger sérieux. Selon la SRF, la dernière vague de chaleur a causé environ 200 décès supplémentaires en Suisse.
Les personnes touchées par cette surmortalité sont surtout des personnes de plus de 65 ans. Pourtant, la mention «chaleur» n’apparaît que très rarement sur le certificat de décès. Les seniors meurent d’infarctus, d’insuffisance circulatoire ou de maladies des voies respiratoires. Seul un coup de chaleur classique, avec défaillance d’organes, permet d’identifier la chaleur comme cause du décès. Mais les températures élevées aggravent des pathologies déjà existantes.
Peu de personnalités ont autant influencé la manière dont nos sociétés appréhendent la fin de vie et la mort qu’Elisabeth Kübler-Ross. La médecin suisse aurait eu 100 ans aujourd’hui. La Neue Zürcher Zeitung lui consacre un portrait.
Parmi les premières à s’intéresser aux mourants, Elisabeth Kübler-Ross avait dû arracher le droit d’étudier la médecine malgré l’opposition de son père. Elle ne s’est pas seulement penchée sur les personnes en fin de vie comme objet d’étude, mais a aussi fait entendre leur voix dans ses travaux.
Surnommée la «grande dame de la recherche sur la fin de vie», Elisabeth Kübler-Ross a vécu la majeure partie de sa vie aux États-Unis, où elle avait suivi son mari américain. Ses entretiens avec des mourants ont donné naissance à l’ouvrage On Death and Dying, qui allait connaître un succès mondial.
Lorsque sa propre fin de vie a commencé à se profiler à la suite de plusieurs AVC, Elisabeth Kübler-Ross n’a toutefois pas accueilli la mort avec sérénité. Au cours des dernières années de sa vie, elle s’est tournée de plus en plus vers des conceptions spirituelles et ésotériques, un virage qui lui a aussi valu des critiques.
Dans une apparition dans l’émission d’Oprah Winfrey, elle s’est même insurgée contre la mort. Mais, comme elle l’avait constaté tout au long de sa carrière au contact des mourants, elle estimait que l’on supporte mieux la mort lorsqu’on en parle. Elisabeth Kübler-Ross a passé ses dernières années en Arizona, où elle est décédée en 2004 à l’âge de 78 ans.
Zurich et Genève comptent toujours parmi les villes les plus agréables au monde. Mais dans le dernier classement, toutes deux doivent laisser passer la concurrence.
Consacrons-nous pour finir une nouvelle fois à la vie, plus précisément à la qualité de vie. Le groupe Economist a publié son classement annuel des villes, et la Suisse y place deux cités dans le top dix. Zurich arrive en cinquième position, suivie de Genève en sixième place.
Toutefois, les deux villes suisses ont perdu des places: Zurich occupait encore la deuxième position un an plus tôt, Genève la cinquième. Les deux ont obtenu des notes plus basses dans la catégorie culture et environnement. Le rapport ne précise cependant pas pourquoi elles y ont obtenu de moins bons résultats, comme le relève le Tages‑Anzeiger.
24 Heures attribue le recul de Genève surtout aux progrès réalisés par d’autres villes. Sydney et Melbourne se sont par exemple améliorées, tandis que Tokyo est revenu dans le top dix. Selon le classement, la meilleure qualité de vie se trouve à Copenhague, suivie de Vienne et de Melbourne.
Texte traduit de l’allemand/op
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