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Dégâts à Genève en marge du G7

Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

Participer au dîner de gala, oui. Contribuer aux frais de sécurité, beaucoup moins: trois semaines après le sommet du G7 à Évian, en France, il apparaît que la Suisse devra probablement assumer seule la facture sécuritaire, malgré des semaines de négociations.

Bonne lecture!

Manifestation contre le G7 à Genève
C’est surtout à Genève que le sommet du G7 a engendré d’importants coûts de sécurité. Keystone / Jean-Christophe Bott

Avant même le sommet du G7 organisé à Évian, en France, une question était sur toutes les lèvres: Paris participerait-il aux frais de sécurité engagés par la Suisse? Trois semaines après la rencontre, la réponse est tombée: la France refuse de contribuer.

Interrogé par la SRF, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indique que les négociations sur une participation française aux coûts ont échoué. «La Suisse et la France ne sont pas parvenues à s’entendre sur une contribution française aux frais de sécurité», précise le DFAE.

On s’en souvient: pour assurer la sécurité du sommet du G7, des policiers venus de nombreux cantons avaient été déployés à Genève, tandis que 4000 soldats avaient été mobilisés et que les contrôles aux frontières avaient été renforcés. Les manifestations étant interdites côté français, où les dirigeants du G7 se réunissaient à Évian, la grande mobilisation altermondialiste avait eu lieu à Genève. Elle avait été marquée par des violences et des dégradations.

Si le DFAE indique que les discussions avec la France se poursuivent, il semble avoir peu d’espoir de voir Paris revenir sur sa position. Le département écrit ainsi que «les chances d’une participation française aux coûts de sécurité sont faibles». La Suisse pourra au moins se consoler avec ceci: à l’invitation de la France, le président de la Confédération Guy Parmelin avait participé au dîner de gala du G7.

Martin Pfister près d'un blindé
Le conseiller fédéral Martin Pfister souhaiterait une augmentation la TVA de 0,5 point pour financer l’armée. Keystone / Claudio Thoma

Le Conseil fédéral souhaite augmenter la TVA de 0,5 point de pourcentage afin de financer l’armée. Mais ce projet ne convainc pas la population, selon un sondage représentatif réalisé par l’institut gfs.bern pour le compte de l’association de l’industrie et des technologies Swissmem.

Selon ce sondage, 66% des personnes interrogées rejettent une hausse de la TVA. Même l’idée d’augmenter simultanément la TVA pour financer l’armée et l’AVS ne recueille pas de majorité: 56% des sondés s’y opposent ou y sont plutôt opposés. En revanche, une majorité se prononce en faveur d’un renforcement du financement de l’armée, notamment par le biais d’économies réalisées au sein de l’administration fédérale.

Ce sondage est diversement interprété. Pour Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem, les résultats du sondage montrent que la population s’oppose à une hausse des dépenses fédérales. La conseillère nationale socialiste Priska Seiler Graf, spécialiste des questions de sécurité, voit les choses différemment. Selon elle, le sondage n’a pas évalué toutes les options possibles pour financer le renforcement de l’armée.

Selon SRF, il convient d’interpréter les résultats avec prudence, aucun véritable débat de votation sur une hausse de la TVA en faveur de l’armée n’ayant encore eu lieu. L’enquête fournit néanmoins des indications importantes: «Le rejet d’une augmentation de la TVA pour financer l’armée est si net que le Parlement devra probablement se demander, en septembre, s’il existe des alternatives à cette hausse d’impôt.» Le Conseil des États débattra de la manière de financer le réarmement de l’armée lors de la session d’automne.

Uniforme suspendus pour le séchage
Depuis le 1er juin, les ministres du culte sont eux aussi soumis à l’obligation de servir en Suisse. Keystone / Laurent Gillieron

Depuis le 1er juin, pasteurs, prêtres, aumôniers et autres ministres du culte ne sont plus exemptés de l’obligation de servir en Suisse. Les Églises nationales ne cachent pas leur mécontentement, qu’elles ont exprimé dans une lettre adressée au Conseil fédéral.

Les Églises chrétiennes reprochent avant tout au gouvernement de ne pas les avoir consultées avant cette modification législative, «alors que la suppression de l’exemption de l’obligation de servir pour les ministres du culte touche directement l’action des Églises en situation de crise».

Pour Alain de Raemy, responsable des affaires militaires au sein de la Conférence des évêques suisses, cette décision témoigne d’un manque de respect envers la population. «Comment fera-t-on à l’avenir, en temps de guerre ou de crise, si les pasteurs et les prêtres doivent servir dans l’armée?», s’interroge-t-il sur les ondes de la RTS. Les Églises demandent dès lors au Conseil fédéral de prévoir des solutions flexibles pour les cas où leurs ministres du culte seraient appelés à effectuer leur service.

Avant même l’envoi de cette lettre, le Département fédéral de la défense avait indiqué que la révision de la loi militaire avait été menée conformément aux directives de la Chancellerie fédérale. Les Églises n’ont pas été consultées, car la modification concernait potentiellement un très grand nombre de communautés religieuses, mais seulement un nombre limité de militaires. Depuis l’entrée en vigueur de la modification législative, neuf ministres du culte ont été convoqués, selon l’armée suisse.

La base lunaire du Gothard
Comment vit-on sur une base lunaire? Keystone / Urs Flueeler

Pourriez-vous tenir deux semaines en isolement complet sur une base lunaire? Pour dix astronautes en herbe issus de l’écosystème du Space Center de l’EPFL, la réponse sera, espèrent-ils, positive. Dès dimanche, ils simuleront pendant quinze jours la vie sur une base lunaire dans le réseau de galeries du Sasso San Gottardo.

Lancé en 2019 à l’EPFL, ce projet en est à sa cinquième édition. Il est présenté comme la première mission spatiale analogique au monde entièrement organisée par des étudiants. Selon ses initiateurs, les galeries souterraines de l’ancienne forteresse du Gothard offrent des «conditions authentiques» comparables à celles que pourraient connaître de futures bases lunaires.

Pendant leur séjour dans cette base lunaire simulée, les étudiants mèneront des projets de recherche pour le compte de leurs universités respectives. Deux Suisses participent également à l’expérience; tous deux étudient le génie mécanique.

Si ce réseau de galeries souterraines devient le foyer des dix étudiants durant deux semaines, le public pourra visiter dimanche la base et l’ancienne forteresse du Gothard, nichées au cœur de la montagne – avec l’assurance de retrouver rapidement la surface terrestre.

Texte traduit de l’allemand/op

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