Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses de l'étranger,
Une fusillade a tenu la Suisse en haleine ce week-end, car le ou les auteurs des faits étaient en fuite. Un suspect a désormais été arrêté. Il est soupçonné d'avoir abattu une jeune femme et blessé cinq autres personnes à Aarau, à l'issue d'une rave party.
Par ailleurs, l'été caniculaire continue de préoccuper la Suisse. Le ministre de l'Économie, Guy Parmelin, cherche désormais du fourrage résistant à la sécheresse et de nouveaux débouchés pour le vin suisse.
Salutations chaleureuses de Berne,
Lundi midi, la police cantonale argovienne a annoncé avoir arrêté un Suisse de 43 ans à la suite de la fusillade mortelle survenue ce week-end lors d’une rave party sur l’hippodrome d’Aarau. L’homme a été appréhendé lundi peu avant 1 heure du matin et est «fortement» soupçonné d’être impliqué dans les faits, a indiqué la police. Elle part du principe qu’il s’agit d’un auteur isolé.
Dans la nuit de samedi à dimanche, peu après 2h30, plusieurs coups de feu ont retenti. Une Italienne de 22 ans est décédée sur les lieux, tandis que cinq autres personnes ont été blessées, certaines grièvement. Parmi ces dernières figurent quatre Suisses et une Allemande. Leurs jours ne sont plus en danger. La police estime que les victimes ont été choisies au hasard.
Au cours des vastes recherches lancées pour retrouver le ou les auteurs, différentes hypothèses ont été examinées. Les enquêteurs privilégient trois pistes: un attentat terroriste, une fusillade à l’aveugle ou un autre «acte criminel dont le mobile reste inconnu», comme un règlement de comptes. Le mobile exact reste flou à l’heure actuelle. Le ministère public a ouvert une enquête pour homicide volontaire.
Le gouvernement italien suit de près les investigations. La Première ministre Giorgia Meloni a adressé sa confiance aux autorités suisses, tout en réclamant une élucidation rapide de l’affaire. Les parents de la victime décédée ont été pris en charge par l’ambassade d’Italie en Suisse.
La sécheresse estivale extrême pose des défis majeurs à l’agriculture suisse. Il manque ainsi environ 600’000 à 800’000 tonnes de fourrage, ce qui explique le recours accru aux importations en provenance du Canada, d’où le foin est acheminé vers la Suisse par conteneurs.
Dans le journal Le Temps, le conseiller fédéral Guy Parmelin – vigneron de profession et à la tête du département de l’Économie – qualifie la situation actuelle dans la viticulture de «crise historique». Outre la chaleur, la baisse de la consommation pèse également sur le secteur du vin. Guy Parmelin admet qu’un projet visant à limiter les importations de vin ne trouverait guère de majorité et plaide plutôt pour l’ouverture de nouveaux marchés d’exportation – par exemple en Inde ou en Chine, où des accords de libre-échange apporteraient de nouvelles perspectives.
En parallèle, le conseiller fédéral cherche des solutions à long terme pour l’approvisionnement en fourrage. Dans une ferme vaudoise, il s’est renseigné sur les plantes résistantes à la sécheresse, comme le sorgho (millet fourrager), qui poussent même sans arrosage. Par ailleurs, la Confédération étudie la possibilité d’utiliser certaines essences d’arbres comme fourrage et a déjà suspendu les droits de douane sur les importations de foin et de maïs fourrager.
Afin de soulager les exploitations touchées, le Conseil fédéral a annoncé pour 2026 des prêts sans intérêt d’un montant total de 54 millions de francs et a partiellement anticipé le versement des paiements directs. Guy Parmelin souligne que des adaptations structurelles sont inévitables – tant dans l’agriculture que dans la viticulture – et prévient: «Les temps à venir seront extrêmement difficiles.»
Restons dans le thème de l’été caniculaire 2026: selon un sondage, celui-ci a entraîné un net changement d’opinion concernant la climatisation. Ainsi, 91% des 12’780 personnes interrogées sont favorables à un équipement généralisé des écoles, des maisons de retraite et des hôpitaux.
Deux tiers des sondés voient également d’un bon œil l’installation accrue de climatiseurs privés, les hommes (71%) se montrant un peu plus convaincus que les femmes (63%), comme le rapporte la Sonntagszeitung. Dans le même temps, une nette majorité de 69% se prononce en faveur d’un assouplissement des règles de construction pour les climatiseurs fixes de type «split», sans grande différence entre villes et campagnes.
En matière de financement, la population fixe toutefois une limite claire: 67% rejettent l’octroi de subventions publiques pour les climatiseurs privés. Les experts avertissent en outre que si les climatiseurs résolvent un problème, ils en créent trois nouveaux: le bruit, le réchauffement supplémentaire de l’air extérieur dans les villes et une consommation d’énergie accrue.
Des études prévoient que le temps de surchauffe dans les logements suisses pourrait presque doubler d’ici 2050, passant de 8% aujourd’hui à près de 17%. Alors qu’aux États-Unis et au Japon, plus de 90% des logements sont climatisés, seuls 10% le sont en Suisse. En moyenne, environ 658 décès par an sont liés à la chaleur.
Le procès d’un Italien de 59 ans résidant en Argovie a débuté lundi devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Il lui est reproché d’avoir agi, entre 2001 et 2020, comme homme de confiance en Suisse pour le puissant clan de la mafia ‘Ndrangheta «Anello-Fruci».
Selon l’acte d’accusation du Ministère public de la Confédération, ce paysagiste, qui dirige encore aujourd’hui une entreprise en Argovie, aurait fait office de représentant du clan mafieux en Suisse. Il aurait notamment fourni des téléphones anti-écoutes, organisé des véhicules et des hébergements pour les membres du clan et transféré de l’argent ainsi que des armes entre la Suisse et l’Italie.
En plus du soutien à une organisation criminelle, l’accusé est poursuivi pour participation à un trafic de drogue et d’armes, recel, importation de fausse monnaie et infractions aux lois sur les armes et sur les stupéfiants. La Suisse aurait servi de «coffre-fort» et d’«armurerie» au clan, permettant de blanchir de l’argent sale et de se procurer des armes pour l’organisation mafieuse.
Le procès, qui doit durer au moins jusqu’au 9 septembre, s’inscrit dans le cadre de la vaste opération d’enquête, qui a conduit en 2020 à plus de 70 arrestations en Suisse et en Italie. Alors que le chef du clan, Rocco Anello, a déjà été condamné à 24 ans de prison en Italie, la présomption d’innocence prévaut toujours pour l’accusé à Bellinzone; en cas de condamnation, il risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative