Affaire Bellasi : l’ex-comptable se rétracte
Personne n'a ordonné à Dino Bellasi de créer un service secret parallèle. L'ex-comptable soupçonné d'avoir détourné de l'argent s'est rétracté : il a reconnu mardi que les accusations lancées contre son supérieur, Peter Regli, étaient fausses.
Peter Regli, le chef des Services de Renseignements, est disculpé. Selon le procureur général de la Confédération, Carla Del Ponte, l’enquête du ministère public a pu établir avec certitude que l’ex-comptable Dino Bellasi n’a pas été chargé par ses supérieurs de créer un service secret parallèle avec l’argent détourné au ministère de la Défense. Le principal inculpé dans cette affaire, Dino Bellasi, s’est rétracté.
Le chef des services secrets, Peter Regli, l’attaché militaire en Hongrie, Bernard Stoll, ainsi que le chef d’état-major du service des renseignements, Jean-Denis Geinoz, peuvent respirer : ils sont blanchis. Dans une déclaration à la presse, le conseiller fédéral Adolf Ogi s’est dit soulagé, heureux que les trois hommes puissent être réhabilités.
Le ministre de la Défense a précisé que la procédure engagée à leur encontre avait été classée. Les scellés apposés sur leurs bureaux ont été retirés. Par contre, la procédure reste ouverte contre Fred Schreier, chef du Service de renseignements stratégiques. Sa signature figure en effet sur les avances sur mandats, utilisées par Dino Bellasi pour détourner l’argent. Il reste donc suspendu de ses fonctions pour l’instant.
Rappelons que Dino Bellasi avait porté ses accusations au moment de son arrestation. Dénoncé pour avoir détourné quelque 8 millions de francs, l’ex-comptable avait alors affirmé qu’il agissait sur ordre de ses supérieurs. Il prétendait détourner cet argent pour créer une sorte de service secret parallèle.
Revirement spectaculaire ce mardi : après des heures et des heures d’interrogatoire, Dino Bellasi a finalement avoué avoir inventé cette histoire fantaisiste. Il l’a fait pour tenter de se justifier, pour tenter d’excuser son comportement. Autre élément qui permet objectivement de prouver que ses propos sont faux, selon Carla del Ponte, procureur général de la Confédération : aucun document concernant un éventuel service secret parallèle n’a été trouvé.
L’avocat de Dino Bellasi a confirmé les informations apportées par Carla del Ponte. Il a ajouté qu’il allait demander une expertise psychiatrique pour son client.
Alexandra Richard
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