Corruption au Kremlin : un enquêteur russe empêché de rencontrer Carla Del Ponte
L'un des deux magistrats russes qui devait rencontrer le procureur de la Confédération, Carla Del Ponte (photo), dans le cadre des affaires de corruption qui affectent le Kremlin a été écarté. Seul Nikolaï Volkov a pu faire le voyage de Berne.
Affaires de corruption au Kremlin. L’un des deux magistrats russes qui devait rencontrer le procureur de la Confédération helvétique, Carla Del Ponte, a été écarté. Seul Nikolaï Volkov a finalement fait lundi le voyage de Berne. Le magistrat enquête sur Andava et Forus, deux sociétés fondées par le milliardaire russe Boris Berezovski. Basées à Lausanne, elles sont soupçonnées d’avoir blanchi de l’argent dérobé à la compagnie Aeroflot. L’autre enquêteur de la procurature de Russie, Guiorgui Tchouglazov, n’a pas pu quitter Moscou. Il a même été dessaisi du dossier dans lequel serait impliquée la société suisse Mabetex.
«En haut-lieu, l’objectif est clairement de freiner l’enquête». Guiorgui Tchouglazov ne mâche pas ses mots. C’est lui qui jusqu’à maintenant menait les recherches dans l’affaire Mabetex, cette société suisse soupçonnée d’avoir octroyé des pots-de-vin à Boris Eltsine et son entourage.
Vendredi dernier, Guiorgui Tchouglazov devait s’envoler pour la Confédération helvétique afin d’y rencontrer ses homologues du Ministère public suisse. «On s’était mis d’accord, raconte-t-il, mes collègues de Berne m’avaient préparé toute une série de rencontres avec des témoins importants impliqués dans l’affaire, notamment plusieurs personnes des milieux bancaires». Des rencontres qui ont dû être annulées au dernier moment, les autorités russes ayant interdit à Guiorgui Tchouglazov de se rendre en Suisse. Evidemment, pas de motif officiel à cela. «L’enquête est seulement à moitié terminée», précise le responsable du dossier, qui ajoute que «90 pour cent des révélations publiées récemment dans la presse occidentales sont confirmées» par des documents en sa possession. Boris Eltsine est-il dans la ligne de mire ? A cette question, Guiorgui Tchouglazov refuse de répondre.
Le Kremlin, histoire sans doute de faire bonne figure, ne s’est apparemment pas opposé à la visite, ce lundi en Suisse, d’un autre enquêteur, Nikolai Volkov. Mais celui-ci s’occupe d’un tout autre dossier, l’affaire Aeroflot, dans laquelle est impliqué un certain Boris Berezovski, autrefois éminence grise du président russe, mais que le Kremlin semble aujourd’hui ne plus vouloir protéger de la justice.
Mathieu Jego
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