Embargo sur les diamants angolais : la Suisse est concernée
Mettre fin au trafic de diamants qui alimente les guerres en Afrique: c'est le but d'une campagne lancée par des ONG. De Beers a mis fin à ses achats de diamants angolais. Or une bonne partie des pierres achetées par De Beers transite par Zurich.
Mettre fin au trafic de diamants qui alimente les guerres en Afrique : c’est le but d’une campagne que vient de lancer une série d’organisations non-gouvernementales. Avec un premier résultat : la compagnie sud-africaine De Beers, le numéro un mondial, a décidé de mettre fin à ses achats de diamants angolais. Et la Suisse se retrouve concernée par le dossier, dans la mesure où une bonne partie des pierres achetées par De Beers transite par Zurich.
Le président de la commission des sanctions de l’ONU, le Canadien Robert Fowler, s’est rendu notamment en Suisse, dans le cadre d’une grande enquête sur les trafics de diamants et d’armes avec l’UNITA. On estime que le mouvement rebelle angolais a vendu entre trois et quatre milliards de dollars de diamants depuis 1992.
Ces pierres précieuses de contrebande passent ensuite dans le circuit officiel, contrôlé à 60 pour cent par la De Beers. La compagnie sud-africaine se devait donc de réagir aux pressions conjuguées de l’ONU et de l’Union européenne, qui a ouvert sa propre enquête.
De plus, l’ONG britannique «Global Witness» a lancé, en début de semaine, une campagne pour dissuader les consommateurs d’acheter ces diamants fauteurs de trouble. Craignant que ses joyaux ne subissent le sort des fourrures, De Beers a donc décidé de ne plus acheter de diamants angolais.
La balle est maintenant dans le camps des pays comme la Belgique, la Suisse, la Grande-Bretagne ou Israël par où transitent les pierres précieuses. Seul un effort concerté permettra de réduire ce trafic scandaleux, qui alimente bien des guerres civiles en Afrique.
Valérie Hirsch
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