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L’avocate qui dénonce le Liechtenstein de l’intérieur

Le cadre enchanteur du château de Vaduz nous ferait oublier les sordides affaires de blanchiment d'argent du Liechtenstein. Keystone

Marie-Gabrielle Koller a 44 ans. Inscrite au barreau de New York, elle a travaillé de 1991 à 1996 pour des études d'avocats et des fiduciaires au Liechtenstein. C'est elle qui a dénoncé la première les pratiques illégales de la principauté.

«Je me suis aperçue que l’étude dans laquelle je travaillais avait mis en place des structures offshores afin de faciliter le commerce de préparations médicamenteuses à base de sang non contrôlé et le commerce d’organes humains», avance gravement Marie-Gabrielle Koller.

Cette jeune femme, de nationalité canadienne et autrichienne, décide d’alerter le chef de gouvernement du Liechtenstein et les autorités judiciaires. Non seulement elle n’est pas écoutée, mais aussitôt licenciée, l’avocate doit essuyer 18 plaintes en justice.

Au chômage depuis 1997, Marie-Gabrielle Koller a témoigné jeudi à Paris devant la mission parlementaire française sur le blanchiment d’argent. Son rapport, que swissinfo a pu se procurer, est accablant, et pas seulement pour Vaduz.

«80 pour cent des clients de la place financière liechtensteinoise sont recommandés par les banques suisses», souligne l’avocate, ajoutant que la loi du Liechtenstein prévoit que le capital d’une société «peut aussi être versé sur un compte auprès d’une banque suisse».

Pourquoi existe-t-il un tel mur du silence dans cette minuscule principauté de 31 000 habitants? Le pays abrite 100 000 sociétés-boîtes aux lettres. Or, chaque société doit compter dans son conseil d’administration au moins un autochtone. Et les honoraires de chaque conseiller sont facturés au moins 5 000 francs par an!

Résultat, quelques-unes des «grandes familles» de la principauté se retrouvent à la tête de fortunes estimées entre 2 et 3 milliards de francs. A la fin de la Dernière guerre, le Liechtenstein n’était qu’un petit pays agricole très pauvre.

Ian Hamel


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