Le football suisse peut-être à la veille d’un bouleversement
Ce vendredi les 24 présidents de clubs de ligue nationale doivent se prononcer sur la réduction de 12 à 10 du nombre d'équipes en Ligue nationale, l'instauration de statuts diversifiés pour les clubs et la suppression de la formule actuelle.
Une révolution va peut-être bouleverser le football suisse. Ce vendredi les vingt-quatre présidents de clubs de ligue nationale doivent se prononcer sur la réduction de 12 à 10 du nombre d’équipes en Ligue nationale, l’instauration de statuts diversifiés pour les clubs et la suppression de la formule actuelle, vieille de douze ans. La nouvelle formule pourrait instaurer un championnat d’été sans interruption, allant du mois de mars au mois de novembre.
Derrière le vote qui aura lieu à Berne se profilent deux visions diamétralement opposées du football et du système de championnat actuel. Si les petits clubs se posent en défenseurs du régionalisme, les grands, eux, militent en faveur d’un professionnalisme accru. C’est pour pallier la baisse notoire du niveau du championnat suisse et les problèmes financiers de nombreux clubs que la Ligue nationale avance une série de propositions drastiques.
La plus sensible d’entre-elles touche évidemment à la réduction des équipes en LNA. Avec un championnat de LNA à dix équipes et un de LNB à quatorze formations dès le début de la saison 2001-2002. Les clubs de LNA les moins puissants – Delémont, Yverdon, Neuchâtel Xamax, Saint-Gall et Aarau – y sont tous opposés, tandis que les grands l’estiment nécessaire. Voire vitale.
Une opposition radicale vient de Gilbert Gress. Le sélectionneur national plaide en faveur d’une ligue nationale A à 16 équipes avec deux ou trois relégués en fin de saison. C’est, dit-il, la seule façon de faire disparaître le caractère injuste de la division de points. Le football doit rester un sport populaire : «Nous avons besoin de la masse. Si nous nous coupons des régions comme Neuchâtel ou le Tessin, beaucoup de jeunes ne joueront plus au football et feront un autre sport», a-t-il déclaré au journal Le Temps.
Par ailleurs et c’est la deuxième mesure envisagée, chaque club de ligue nationale se verra attribuer un statut professionnel, semi-professionnel ou promotionnel. Et la Ligue nationale versera plus ou moins d’argent à chaque club en fonction d’un statut, renouvelé, qui se basera notamment sur le nombre de joueurs professionnels et l’encadrement. Enfin, les dirigeants de la Ligue nationale souhaitent passer d’un championnat de juillet à mai à une saison de mars à novembre. L’avantage de ce calendrier serait, selon eux, d’éviter de jouer devant un maigre public pendant l’hiver, et il limiterait la concurrence avec le hockey sur glace.
Jugurtha Aït-Ahmed
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