Le Ministère public tessinois monte au créneau
Le procureur général du Tessin Luca Marcellini, entouré de trois autres procureurs, a fermement répliqué aux critiques de l´Italie sur un manque de collaboration en matière judiciaire. Il a toutefois admis que la coopération devait être améliorée.
C’est dans les locaux de la police tessinoise à Lugano que le procureur général tessinois Luca Marcellini avait choisi de donner conférence de presse ce vendredi, une semaine après l’arrestation du juge Franco Verda.
Devant les journalistes venus en grand nombre, Luca Marcellini a d’emblée précisé qu’il n’entrerait pas dans les détails de l’enquête menée par le procureur extraordinaire Luciano Giudici, en raison du secret de l’instruction.
Le procureur général du Tessin, qui avait lui-même été mis en cause au début du mois de juin avant d’être totalement blanchi, a admis que l’ouverture d’une enquête pénale contre un juge et son arrestation étaient des faits extrêmement graves qui expliquaient le scandale qui a éclaté en Suisse et en Italie autour de cette affaire.
Il a toutefois catégoriquement démenti les rumeurs de corruption générale de la magistrature tessinoise et souligné que toutes les demandes d’entraide judiciaire qui parviennent à son ministère sont examinées avec célérité.
Il en est allé de même, a-t-il ajouté, avec celles provenant du parquet de Bari et concernant le contrebandier présumé Gerardo Coumo. Luca Marcellini a rappelé que la plupart de ces requêtes avaient été adressées au Ministère public de la Confédération.
Il a souhaité une meilleure collaboration entre la Suisse et l’Italie en ce qui concerne la contrebande de cigarettes qui n’est pas punissable en Suisse, en l’absence d’un monopole du tabac. Il a en fait admis que de tels trafics pouvaient rapidement dégénérer en trafic d’armes et de drogue comme ceux qui sont reprochés à Cuomo.
Enfin, ni Luca Marcellini ni les autres procureurs tessinois connaissaient l’amitié qui liait Franco Verda à Gerardo Cuomo. Une amitié dangereuse qui vaut au magistrat d’être accusé de corruption passive, violations répétées du secret de fonction et traitement de faveur. Si ces accusations étaient confirmées, Franco Verda pourrait risquer jusqu’à cinq ans de réclusion.
Gemma d’Urso, Lugano
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