Le retrait de Gaza, nouveau pas pour la paix
Des voix israéliennes et palestiniennes en Suisse s'accordent à dire que le retrait israélien de Gaza est un pas significatif en vue de la paix.
Mais le mouvement palestinien Hamas jure qu’il continuera la lutte armée après le retrait des troupes israéliennes et des colons de ce territoire occupé.
Le retrait israélien historique de la bande de Gaza a débuté lundi et les colons juifs ont 48 heures pour évacuer les 21 colonies concernées.
De leur côté, les Etats-Unis ont souligné leur espoir de voir ce retrait relancer le processus de paix au Proche-Orient.
Pour Alfred Donath, président de la Fédération suisse des communautés israélites, les progrès ne sont possibles que si le leader palestinien Mahmoud Abbas réussit à juguler les actions du Mouvement de la résistance islamique Hamas.
Le mois dernier encore, des échauffourées armées ont eu lieu entre les services de sécurité palestiniens et des militants du Hamas qui s’apprêtaient à tirer au mortier sur des colonies israéliennes de la bande de Gaza.
«Le premier pas de la ‘Feuille de route’ demande à l’autorité palestinienne de stopper le terrorisme», rappelle Alfred Donath.
«J’espère vraiment qu’elle en sera capable. Mais la réaction du Hamas de samedi et sa façon de présenter le retrait comme une victoire militaire sur Israël n’est pas la meilleure façon de calmer les esprits.»
Un test crucial
Selon le président de la Fédération suisse des communautés israélites, le retrait des forces israéliennes de Gaza – mis à part une bande de territoire entre Gaza et l’Egypte – est un test crucial pour Mahmoud Abbas.
Si le leader palestinien parvient à maintenir l’accord de cessez-le-feu conclu avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon en février, les perspectives d’une issue pacifique du conflit seront alors envisageables.
«Si les Palestiniens arrivent à maintenir l’ordre dans la bande de Gaza et à démontrer que celle-ci ne se transforme pas en une base de lancement d’attaques contre Israël, alors le prochain pas à envisager sera le retrait de Cisjordanie», ajoute Alfred Donath.
«Je pense que le processus de paix peut se développer rapidement si le Hamas ne lance pas d’attaques terroristes ni une nouvelle intifada.»
Des négociations de paix
Saïda Keller Messahli, membre du comité directeur de l’Association Suisse-Palestine et fondatrice de la Fondation pour la Palestine, est également d’avis qu’une transition douce est la clé pour progresser dans les négociations de paix.
Cependant, cette dernière avertit que tant qu’Israël occupera la Cisjordanie et Jérusalem-Est, la menace d’attaques terroristes restera d’actualité.
«Les Palestiniens se réjouiront de la fin de l’occupation de Gaza, explique Saïda Keller Messahli. Mais ils savent aussi qu’il ne s’agit pas d’une fin en soi mais d’un commencement symbolique».
«Selon nous, la politique avouée d’Israël est de se retirer de Gaza tout en intensifiant l’occupation de la Cisjordanie. Ce n’est pas la solution car tant que la Cisjordanie sera occupée de manière aussi brutale, les gens ne seront pas tranquilles à Gaza.»
Les territoires occupés
Saluant le retrait de Gaza lundi, le leader palestinien Mahmoud Abbas a d’ailleurs d’ores et déjà appelé Israël à se retirer de tous les territoires occupés depuis 1967.
Pour Saïda Keller Messahli, c’est désormais au gouvernement israélien de proposer une solution politique pour la Cisjordanie et oour Jérusalem-Est.
«Je suis sûre que c’est un pas en avant que de montrer que la paix est possible. Mais le seul retrait de Gaza n’est pas suffisant.»
Selon la fondatrice de la Fondation pour la Palestine, le retrait aide l’autorité palestinienne dans sa lutte pour le pouvoir contre le Hamas.
«Israël doit encore faire plus pour l’autorité palestinienne car sinon, celle-ci n’a aucune chance de survivre politiquement», conclut-elle.
swissinfo, Adam Beaumont
(traduction et adaptation de l’anglais: Mathias Froidevaux)
8500 colons juifs de la bande de Gaza ont 48 heures pour quitter des territoires occupés depuis 1967.
Le mouvement palestinien Hamas a d’ores et déjà juré qu’il continuerait sa lutte armée même après le retrait israélien de Gaza.
7500 hommes de la sécurité palestinienne ont pris position dans la périphérie des colonies afin d’éviter de possibles attaques contre les colons juifs.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.