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Les Danois accusent la police zurichoise

Les supporters zurichois ont été arrêtés avant même que le match commence. Keystone

Après les affrontements qui ont opposé jeudi soir fans zurichois et forces de l'ordre à Copenhague, les autorités danoises chargent la police zurichoise.

Elles l’accusent de ne pas leur avoir communiqué le potentiel de violence des supporters suisses venus assister au match opposant le FC Zürich à Bröndby. La police zurichoise réfute.

S’exprimant vendredi matin sur les ondes de radio DRS, le porte-parole de la police danoise prétend en substance que la police zurichoise connaissait ces hooligans mais qu’elle n’a transmis aucune information précise les concernant.

La police danoise «déplore les informations incomplètes» reçues de la police de Zurich, précise Arne Wissing.

Et d’ajouter: à en croire les Zurichois, «cette rencontre était à bas risques, nous n’avons donc pas pris de mesures spéciales pour faire éventuellement face à des débordements que nous n’avions pas prévus».

La police zurichoise réfute

A Zurich, on réfute ces reproches. «La police de la ville rejette fermement ces accusations, dans leur totalité, déclare à swissinfo Susann Birrer, porte-parole de la police municipale zurichoise. Nous avons informé les autorités danoises à temps et de façon complète.»

«Nous avons communiqué à la police danoise que 400 à 500 supporters seraient présents, et qu’il y avait, parmi eux, une cinquantaine de hooligans potentiels qui pouvaient devenir agressifs face à une provocation, précise Susann Birrer.

Et de poursuivre: «Nous avons en outre signalé aux Danois que l’alcool serait sans doute de la partie, et que ces hooligans potentiels pourraient détenir des objets pyrotechniques».

Susann Birrer souligne qu’il s’agit, en l’occurrence, non pas d’affrontements entre supporters des deux équipes, mais entre des supporters et la police.

«Certains supporters ont commis des déprédations matérielles, rappelle-t-elle. Et d’autres les ont soutenus contre les forces de l’ordre. Et cela n’était pas prévisible.»

Et la porte-parole de la police municipale zurichoise de conclure: «Nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de ce qui s’est passé sur place alors même que nos informations étaient correctes».

Le déroulement des faits

Rappelons que jeudi soir à Copenhague, trois policiers et un supporter zurichois ont été légèrement blessés, selon la police. Et qu’une centaine de hooligans suisses ont été arrêtés.

La situation s’est envenimée lorsque les forces de l’ordre ont interpellé un supporter zurichois qui dessinait un graffiti dans un train conduisant au stade de Bröndby.

Selon le chef de la police, Jörn Bro, les neuf hommes qui encadraient les supporters zurichois ont alors été violemment pris à partie par plusieurs d’entre eux. Ils se sont montrés si agressifs que les policiers ont dû tirer des coups de semonce et, dans un premier temps, prendre la fuite.

Des renforts et des chiens policiers ont été envoyés de plusieurs commissariats pour mettre fin aux violences. La police danoise relève en outre qu’un groupe de supporters étaient munis, entre autres armes, de barres de fer, et qu’ils étaient «très agressifs».

Les hooligans ont alorts lancé des pierres et des bouteilles vides contre les policiers. Ils ont aussi utilisé leur ceinture pour frapper. Les forces de l’ordre ont finalement appelé du renfort et ont pu interpeller 100 fauteurs de troubles.

Pour mémoire, dans l’après-midi déjà, des incidents impliquant des supporters suisses s’étaient produits en ville de Copenhague.

La majorité des supporters arrêtés jeudi devraient être relâchés vendredi dans la journée, indiqué l’inspecteur Jörn Bro. Quelques autres seront inculpés de violences et de troubles à l’ordre public.

swissinfo et les agences

L’équipe de Bröndby Copenhague a battu le FC Zürich par 2 à 0.
Quatre des cent supporters interpellés à Copenhague seront poursuivis.
En Suisse, environ 400 personnes sont interdites de stade.
En Suisse, le nombre de supporters violents est estimé à 600.
Des dépenses de l’ordre de 53 millions de francs sont prévues pour garantir la sécurité pendant l’Euro 2008 qui sera organisé conjointement par la Suisse et l’Autriche.

Dans la perspective de l’Euro 2008, toute une série de mesures sécuritaires ont été proposées par le gouvernement suisse:

– Séquestration et confiscation de tout matériel de propagande incitant à la violence, même en l’absence de jugement pénal.

– Création d’une banque de données nationale des supporters violents.

– Interdiction de stade ou de déplacement à l’étranger pour assister à une rencontre.

– Obligation de se présenter au poste de police et, en dernier recours, garde à vue, qui ne devra pas excéder 24 heures.

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