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Procès d’une figure emblématique de l’extrême droite suisse

Gaston-Armand Amaudruz passe, dès lundi, devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. La justice vaudoise lui reproche d'avoir écrit et publié des textes racistes, antisémites et révisionnistes.

Gaston-Armand Amaudruz passe, dès lundi, devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. La justice vaudoise lui reproche d’avoir écrit et publié des textes racistes, antisémites et révisionnistes.

Ce Vaudois, âgé de 79 ans, est considéré comme l’un des plus gros poissons à avoir été ferrés depuis l’entrée en vigueur, en janvier 1995, de la norme anti-raciste. Si Gaston-Armand Amaudruz se retrouve aujourd’hui seulement devant ses juges, c’est uniquement grâce à une succession de recours.

Un rescapé des camps de concentration et pas moins de trois associations se sont portés parties civiles dans ce procès. Il s’agit de la Fédération suisse des communautés israélites, de la Ligue internationale contre le racisme et de l’association des fils et filles des déportés juifs de France. Le président de cette dernière, l’avocat français Serge Klarsfeld , à qui l’on doit notamment la mise en accusation de Klaus Barbie et de Marcel Papon, sera d’ailleurs présent à l’audience.

Cette mobilisation s’explique de par la notoriété du personnage qui se trouve dans le box des accusés. Gaston-Armand Amaudruz comparaît pour des textes écrits et diffusés depuis 1995, notamment dans les colonnes de son mensuel «Courrier du continent». Mais son discours raciste et antisémite date des années d’après-guerre déjà.

«Gaston-Armand Amaudruz publie livres et journaux depuis 1946, précise Brigitte Sion, secrétaire générale de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD). Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, il mettait déjà en cause le Tribunal de Nuremberg, contestait les crimes attribués aux nazis et accusait les Alliés de violences contre les civils allemands.»

Les historiens qui se sont penchés sur le parcours de l’extrémiste vaudois le décrivent comme un personnage important de l’extrême droite européenne. En 1951, il a d’ailleurs participé à la fondation du «Nouvel ordre européen», un groupe qui reprenait à son compte les principales théories nationales socialistes et fascistes.

Mais les contacts de Gaston-Armand Amaudruz semblent dépasser les limites du continent européen. «En lisant son journal, souligne Brigitte Sion, on constate qu’il entretient également des liens étroits notamment avec les pro-apartheid en Afrique du Sud, et avec les mouvements néo-nazis américains et russes.»

Au niveau suisse, Gaston-Armand Amaudruz est surtout considéré comme le chef de file de la mouvance d’extrême droite. Et comme un raciste jamais repenti qui séduit autant les vieux fascistes que les jeunes skinheads C’est donc une référence qu’il faut aujourd’hui condamner, estiment les parties civiles.

L’extrémiste vaudois risque jusqu’à trois ans de prison. Le verdict est attendu pour le 10 avril.

Vanda Janka

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